Procès des violences sexuelles à la prison de Makala en RDC

Procès des violences sexuelles à la prison de Makala en RDC

Dans la nuit du 1er au 2 septembre 2024, une panne de courant a eu lieu à la prison de Makala, à Kinshasa, en République Démocratique du Congo. Cet incident a conduit à une tentative d’évasion impliquant des dizaines de détenus, entraînant la mort de 129 prisonniers, abattus par les gardiens et les forces de police.

Lors de cette évasion, 268 femmes sur les 348 présentes dans le pavillon 9, soit 80 % des détenues, ont été victimes de viols dans des conditions d’une violence extrême, selon les estimations des Nations unies.

À l’audience du 17 juin, les avocats de l’État congolais ont nié toute responsabilité des institutions publiques dans ces événements tragiques. Maître Christophe Ombela a affirmé que « la République n’y est pour rien », soulignant que le dossier avait été traité dans la précipitation. De son côté, Maître Véronique Kela Tshimuanga a insisté sur le fait que les victimes avaient été prises en charge par l’État.

Les avocats des victimes, cependant, contestent ces affirmations. Maître Gédeon Lokwa a déclaré que l’État est responsable des crimes survenus dans un établissement sous sa responsabilité, affirmant que la République tente de s’extirper de sa responsabilité par des moyens dilatoires.

À la sortie de l’audience, une victime a déclaré qu’aucune indemnisation n’avait été versée aux victimes, ni de prise en charge après les événements. Les parties civiles demandent au tribunal de condamner la République à verser un million de dollars américains pour chaque victime, ainsi qu’une prise en charge sanitaire et un soutien psychologique.

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré, et la décision est attendue à une date ultérieure.

Source : DW.

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