Cadmium : une proposition de loi pour protéger les Français contre cette « bombe sanitaire » arrive à l’Assemblée nationale

Une proposition de loi pour réduire les risques sanitaires liés au cadmium arrive à l’Assemblée nationale

La proposition de loi (PPL) intitulée « visant à réduire les risques sanitaires liés aux contaminations au cadmium dans l’alimentation » sera débattue à l’Assemblée nationale à partir du 3 juin. Cette initiative fait suite à une alerte lancée par les Unions régionales des professionnels de santé – Médecins Libéraux (URPS), qui qualifiaient l’exposition à ce métal lourd de « bombe sanitaire » pour les Français.

Reconnu comme cancérogène certain depuis 1993, le cadmium est lié à une augmentation significative des cancers, notamment du pancréas, dont le nombre de cas a été multiplié par plus de quatre en trente ans en France. Ce métal est également associé à un risque accru d’autres cancers, comme ceux du foie, du poumon, du rein, du sein, et de la prostate.

Les députés Benoît Biteau (Les écologistes) et Clémentine Autain (L’après) ont pris en main ce dossier de santé publique. Initialement, leur PPL visait une interdiction totale du cadmium. Cependant, un compromis a été trouvé, et le texte voté en commission des Affaires sociales prévoit désormais une réduction progressive des taux de cadmium dans les engrais minéraux phosphatés, qui constituent une source majeure de ce métal dans les sols agricoles. Un point de discorde demeure : le calendrier de mise en œuvre.

Pour les auteurs de la PPL, il y a « urgence à agir », car « la France est championne d’Europe » de la contamination au cadmium, n’ayant pas respecté la réglementation européenne qui fixe un seuil à 60 mg/kg d’engrais phosphatés. Pour des « raisons d’approvisionnement » et « diplomatiques », la France a autorisé un niveau de 90 mg/kg, principalement en raison de l’importation de matières premières riches en cadmium du Maroc. Benoît Biteau souligne qu’il est impératif que la France progresse plus rapidement que les autres États membres, d’autant que certains pays européens ont déjà établi un seuil de 20 mg/kg.

La PPL s’appuie sur les recommandations récentes de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui préconise une réduction des concentrations de cadmium à 20 mg/kg d’ici le 1er janvier 2030. Toutefois, la ministre de l’Agriculture, soutenue par des partis de droite, plaide pour un report de l’application au mieux en 2035, avec la possibilité d’un nouveau report à 2038.

Les débats se cristallisent autour des enjeux de santé publique face aux intérêts économiques. Des députés, comme Louise Morel (MoDem) et Christelle Minard (LR), mettent en avant les risques pour la compétitivité des agriculteurs, évoquant des contraintes sur les approvisionnements et une hausse des coûts. En revanche, Benoît Biteau as que les producteurs d’engrais sont capables de s’adapter, grâce à des processus de « décadmiation » jugés « peu coûteux », avec un surcoût estimé à 2 euros par hectare et par an.

Un collectif de malades du cancer du pancréas et de proches de victimes a également appelé le gouvernement à respecter les recommandations de l’Anses, soulignant que la Constitution protège le droit à un environnement sain. Le vote de la PPL devrait avoir lieu le jour même ou le lendemain de son débat.

Source : Humanité

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *