Accord Iran-États-Unis : le chemin vers la paix encore semé d’embûches
Soixante jours pour transformer une signature en une réelle sortie de crise. C’est la mission des négociateurs iraniens et américains qui débutera vendredi en Suisse. Le protocole d’accord, paraphé mercredi soir par les États-Unis et ce jeudi par l’Iran, est décrit par Georges Lefeuvre, chercheur en géopolitique et ancien attaché politique de la Commission européenne, comme davantage un mémorandum d’entente qu’un véritable traité de paix. Ce document résume les points de convergence des négociations, mais n’a aucune valeur juridique contraignante, illustrant ainsi la fragilité du processus de paix encore en cours.
Au cœur des discussions, auxquelles le vice-président américain J. D. Vance a annoncé qu’il essayerait de participer « ce week-end », figurent la réouverture du détroit d’Ormuz, qui pourrait prendre 30 à 50 jours, et la cessation immédiate et définitive des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Sud-Liban, où Israël poursuit ses actions contre le Hezbollah. Une enveloppe d’au moins 300 milliards de dollars, destinée à la reconstruction et au développement économique de l’Iran, est également incluse dans le texte. Jean-Luc Racine, directeur de recherche émérite au CNRS, souligne que la stabilité de l’accord reste précaire, indiquant que toute intensification des offensives israéliennes pourrait compromettre le processus.
Les négociations demeurent incertaines en ce qui concerne la question du nucléaire iranien, qui constitue le nœud des tensions entre Américains et Iraniens. Les inquiétudes concernant la capacité de l’Iran à se doter de l’arme nucléaire sans respecter les accords de non-prolifération persistent. Les négociateurs américains proposent la suspension de toutes les sanctions américaines sur l’Iran en échange de la dilution de leurs stocks d’uranium enrichi.
Cependant, cette proposition suscite des contestations parmi les « faucons » républicains aux États-Unis, notamment des sénateurs influents tels que John Thune, Alex Brandon et Lindsey Graham, ce dernier ayant finalement annoncé son soutien à l’accord. Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a critiqué ceux qui s’opposent au protocole, affirmant que les critiques sont motivées par la jalousie ou l’ignorance.
Le clan démocrate, quant à lui, considère le conflit comme un jeu à somme nulle. En 2015, Barack Obama avait signé l’accord de Vienne (JCPoA) sur le nucléaire iranien, dont Donald Trump s’était retiré lors de son premier mandat. Aujourd’hui, le processus de négociation doit recommencer.
Source : DNA
