Santé mentale : le gouvernement promet d’orienter les élèves en difficulté vers un suivi adapté
Le 2 juin, le gouvernement a réaffirmé son engagement en matière de santé mentale, déclarée « grande cause nationale » depuis plus d’un an. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé des mes visant à orienter rapidement les élèves en difficulté vers un suivi psychologique approprié.
Chaque jeune identifié par l’Éducation nationale (médecins scolaires, infirmières, enseignants) bénéficiera d’un « coupe-file » pour obtenir un rendez-vous dans les 24 à 48 heures avec un psychologue, psychiatre ou pédopsychiatre. Cette initiative vise à détecter précocement les problèmes de santé mentale et à éviter des hospitalisations ultérieures.
Les professionnels de santé devront s’organiser pour libérer des créneaux pour ces « urgences ». Cependant, la mise en œuvre de ce dispositif reste à préciser, notamment en raison d’un manque de personnel dans les secteurs de la médecine scolaire et de la psychiatrie. Jocelyne Grousset, cosecrétaire du syndicat de médecins scolaires, a exprimé des inquiétudes sur le risque d’engorgement des médecins par un mauvais adressage.
Par ailleurs, la ministre a annoncé la volonté de mettre fin aux pratiques de contention dans les établissements psychiatriques d’ici 2030, en soulignant l’importance de garantir la dignité humaine. La contention, qui consiste à entraver physiquement les patients, est une pratique contestée depuis longtemps par des associations de défense des droits humains.
La santé mentale a gagné en visibilité ces dernières années, notamment à cause des préoccupations croissantes concernant l’état mental des jeunes après la période de pandémie. Cependant, malgré les efforts du gouvernement, de nombreux acteurs estiment que la « grande cause » n’a pas encore produit de résultats tangibles. Un collectif d’élus et de soignants a récemment exprimé des doutes sur la mise en œuvre d’actions concrètes.
Le gouvernement met en avant des initiatives comme les « premiers secours » en santé mentale et le dispositif « Mon Soutien Psy », qui permet de rembourser certaines consultations chez un psychologue. Néanmoins, ces mes suscitent des critiques, de nombreux psychologues refusant de participer au dispositif en raison de tarifs jugés insuffisants.
En somme, bien que la santé mentale soit désormais un sujet de discussion plus fréquent, des défis significatifs subsistent, tant en termes de ressources que d’efficacité des mes mises en place.
Source : La Croix
