DAMIEN MEYER / AFP
Le nombre de cancers du col de l’utérus s’effondre en Angleterre, et on sait pourquoi (photo d’illustation d’une vaccination contre le HPV en 2023 près de Rennes)
• Une étude publiée dans The Lancet attribue cette bonne nouvelle à la vaccination HPV et estime que 200 décès ont été évités grâce au vaccin.
• Les autorités alertent cependant sur une baisse de la couverture vaccinale qui reste tout de même largement supérieure à ce qu’elle est en France.
Il n’y a eu aucun décès du cancer du col de l’utérus en Angleterre entre 2020 et 2024 chez les jeunes femmes de 20 à 24 ans, selon une étude publiée ce jeudi 18 juin dans la revue médicale The Lancet. La raison : cette population a été très largement vaccinée contre les papillomavirus humains (HPV) au début de l’adolescence.
Selon ces travaux menés par Cancer Research UK et l’université Queen Mary de Londres, 200 décès au total ont été évités depuis l’introduction de la vaccination contre le HPV, dont les souches à haut risque causent le cancer du col de l’utérus dans la quasi-totalité des cas. « Nous savons que le vaccin contre le HPV est extrêmement efficace pour stopper le cancer du col de l’utérus avant qu’il ne se développe et, pour la première fois, ces résultats montrent qu’il sauve des vies », a déclaré Michelle Mitchell, directrice générale de Cancer Research UK.
En l’absence de vaccination, 23 décès auraient été constatés entre 2020 et 2024 parmi la population âgée de 20 à 24 ans, vaccinée à environ 90 % à l’âge de 12-13 ans, suscitant l’espoir de faire progressivement disparaître ce type de cancer en Angleterre. L’étude montre aussi qu’entre 2015 et 2019, il y avait eu une baisse de 80 % des morts dues à ce cancer chez les jeunes femmes de 20-24 ans.
« Ces progrès sont menacés »
Le vaccin a été introduit pour les filles en 2008 et pour les garçons en 2019 en Angleterre, qui dispose d’un « solide programme de santé publique », selon Michelle Mitchell. D’après cette étude, les jeunes filles vaccinées à 12 ou 13 ans présentent un risque quasi nul de décéder du cancer du col de l’utérus avant 30 ans.
Les papillomavirus humains sont des virus qui peuvent se transmettre lors des rapports sexuels et ne provoquent généralement pas de symptômes. Le dépistage reste indispensable pour toutes les femmes, le vaccin prévenant environ 90 % des infections à l’origine notamment de cancers.
Il existe 13 souches à haut risque qui sont à 99,7 % à l’origine de cette maladie, et peuvent aussi provoquer des cancers du cou, de la bouche ou de la gorge. Le cancer du col de l’utérus cause, lui, 685 décès par an en Angleterre, selon le NHS, le service de santé public.
Seulement 40 % des filles vaccinées en France
Le vaccin est proposé de manière systématique aux élèves entre l’équivalent de la 4e et la seconde. Pendant l’année scolaire 2024-2025, 75,5 % des filles et 70,5 % des garçons avaient été vaccinés en seconde, un taux en dessous de l’objectif de 90 % pour les filles fixé par l’OMS, et en baisse si l’on compare à l’an passé. « La couverture vaccinale a diminué ces dernières années et ces progrès sont menacés », s’est inquiétée la responsable de Cancer Research UK, qui a appelé le gouvernement à « mener des actions ciblées dans les communautés où la vaccination est la moins répandue ».
En France, la vaccination contre le HPV est recommandée pour toutes les jeunes filles et tous les jeunes garçons de 11 à 14 ans révolus et prise en charge par l’Assurance maladie et les complémentaires santé. Le taux de couverture vaccinale est néanmoins beaucoup plus faible : il a été estimé par Santé publique France à 43,6 % dans l’Hexagone pour les jeunes filles. Ce taux est beaucoup plus faible dans les départements d’outre-mer.
Source : HuffPost.
