Au Texas, le discours très politique du président de la RDC devant la diaspora congolaise

Discours politique de Félix Tshisekedi à Houston : une mise en garde à la diaspora congolaise

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a pris la parole mercredi 17 juin 2026 à Houston, aux États-Unis, devant la diaspora congolaise, après le match nul historique des Léopards face au Portugal en Coupe du monde de football 2026. Dans un discours qui a rapidement pris une tournure politique, il a critiqué son prédécesseur, Joseph Kabila, sans le nommer, soulignant les sanctions américaines qui pèsent sur lui depuis avril dernier et sa condamnation à mort prononcée le 30 septembre 2025.

Tshisekedi a appelé à l’unité des Congolais face à ce qu’il a qualifié d’instrumentalisation du régionalisme, visant notamment Kigali et ses soutiens locaux. « Leurs complices sont devenus fous », a-t-il déclaré, incitant la diaspora à se rassembler autour des valeurs de la RDC.

Le président a également évoqué des événements marquants de l’histoire récente de la RDC, tels que la chute du régime de Mobutu en 1997 et l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila en 2001. Il a insinué que son prédécesseur avait été installé par des ennemis infiltrés, affirmant que le changement de régime à l’époque avait été accepté à tout prix. « Nous avons dit que cela ne devait plus se produire », a-t-il insisté, alors que des voix s’élèvent contre sa volonté de se maintenir au pouvoir au-delà de son mandat qui se termine en 2028.

Les déclarations de Tshisekedi ont suscité des réactions parmi les proches de Kabila. Félix Momat, ancien vice-ministre du Budget, a critiqué le président congolais pour avoir substitué « l’invective à l’argumentation », affirmant que cela dégradait la fonction qu’il incarne.

Ce discours survient trois jours après l’adoption par le Parlement d’une loi sur un référendum constitutionnel, perçue par l’opposition comme une ouverture vers un troisième mandat. Sur le front militaire, Tshisekedi a promis de reconquérir les zones contrôlées par l’AFC/M23 dans l’est de la RDC, affirmant sa conviction que le pays sera bientôt libéré.

L’est de la RDC est en proie à des conflits depuis plus de trente ans, avec une intensification des violences depuis 2021, notamment avec la résurgence du M23, qui a pris les villes de Goma en janvier 2025 et Bukavu en février 2025. Bien qu’un accord de paix ait été signé entre les gouvernements congolais et rwandais en juin 2025, ainsi qu’une déclaration de principe avec le M23 en juillet 2025, la violence continue de sévir dans la région.

Source : RFI

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