La santé des enfants doit redevenir un objet politique
La lutte contre les violences faites aux enfants a récemment pris une place significative dans le débat public, bien que jugée insuffisante par de nombreux acteurs. Le vote de la « loi Bétharram » en est une illustration marquante. Cependant, les réponses apportées par les pouvoirs publics sont souvent perçues comme des traitements de symptômes plutôt que des solutions durables. Les dispositifs en place, bien que nécessaires, sont fréquemment sous-dotés et inadaptés, comme en témoigne la difficulté du numéro d’urgence 119 à gérer l’ensemble des demandes qui lui sont adressées.
Dans ce contexte, il est crucial de souligner que des mes d’urgence, bien qu’essentielles, ne suffisent pas à résoudre les problèmes de fond liés à la santé et à la sécurité des enfants. Les enjeux sont multiples et nécessitent une approche globale et systémique, intégrant à la fois des ressources humaines et financières adaptées.
À l’échelle nationale, les statistiques officielles sur la violence envers les enfants restent préoccupantes. Selon une étude de l’INSEE, près de 10% des enfants de moins de 18 ans ont été victimes de violences physiques ou psychologiques en 2021, un chiffre qui souligne l’urgence d’une réponse politique forte et coordonnée.
La nécessité d’un engagement politique renouvelé autour de la santé des enfants est donc Les conséquences de l’inaction pourraient être dramatiques, non seulement pour les victimes, mais également pour l’ensemble de la société.
Source : Pierre-André Juven, sociologue chargé de recherche au CNRS, ancien maire adjoint de Grenoble en charge de la santé.
