Football : une géographie mondiale concentrée

Une carte d’Hervé Théry (2026) révèle la géopolitique du football mondial

Une carte récemment élaborée par Hervé Théry en 2026, qui superpose le classement FIFA, la population des pays et les tendances récentes, offre une vue d’ensemble précieuse de la géopolitique du football mondial. Selon cette représentation, deux régions dominent sans partage : l’Europe et l’Amérique du Sud. En revanche, des géants démographiques tels que l’Inde et la Chine, ainsi que les États-Unis, restent en retrait dans le domaine du football.

Cette carte, réalisée à partir des données de la FIFA et de la Banque mondiale, utilise un code couleur pour représenter le classement FIFA des équipes nationales, avec un dégradé de brun, ainsi que des cercles proportionnels pour indiquer la population des pays. Les tendances récentes du classement sont signalées par des cercles verts pour les nations en progression et rouges pour celles en recul, tandis que des étoiles jaunes marquent les Coupes du Monde remportées.

L’Europe et l’Amérique du Sud se distinguent par une concentration élevée de nations performantes, avec des pays comme la France, l’Espagne, l’Allemagne et le Portugal, affichant des scores élevés (entre 1 520 et 1 841 points) sur la carte. Le Brésil et l’Argentine, également en rouge foncé, sont les deux nations sud-américaines les plus titrées en Coupe du Monde.

Cependant, un paradoxe démographique se dessine : malgré une population combinée de près de 3 milliards d’habitants, l’Inde et la Chine affichent des scores FIFA médiocres et ne figurent pas parmi les nations de premier plan. Ce phénomène souligne que la richesse et le nombre ne suffisent pas à établir une nation de football. Les États-Unis, bien qu’ils soient un pays de grande taille et en progression, peinent également à se hisser dans les classements.

En revanche, d’autres régions, comme l’Afrique et l’Asie, montrent des signes de progression. Des nations telles que le Japon et la Corée du Sud, avec des investissements croissants dans le football, commencent à rivaliser avec les puissances mondiales. Au Moyen-Orient, des investissements massifs dans les infrastructures et les équipes nationales portent également leurs fruits.

Cependant, certains pays africains, comme le Nigéria, affichent une régression dans le classement, illustrant une Afrique du football à deux vitesses. Tandis que des nations comme le Maroc et le Sénégal continuent de se maintenir à des niveaux compétitifs, d’autres peinent à se stabiliser malgré un réservoir de talents évoluant dans les grands championnats.

Cette carte met en exergue une tension structurelle du football mondial, résistant à la mondialisation. La place du football dans la culture, la densité des pratiquants et la qualité des championnats nationaux sont des éléments déterminants pour le succès. Ainsi, l’Europe et l’Amérique du Sud semblent bien ancrées dans leur rôle de leaders du football mondial, face à des investissements croissants ailleurs.

Source : Conflits — carte Hervé Théry (2026) / données FIFA et Banque mondiale

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