En France, les violences obstétricales ou gynécologiques pointées par un rapport accablant
Un rapport inédit publié par l’association Stop aux Violences obstétricales et gynécologiques (VOG) le 18 juin met en lumière des pratiques préoccupantes dans le domaine de la santé reproductive en France. Sur plus de 10 000 personnes interrogées, plus de la moitié signalent avoir subi des violences obstétricales ou gynécologiques. Parmi elles, 80 % évoquent un défaut de consentement et 40 % rapportent avoir été victimes de discriminations, qu’elles soient sexistes, validistes ou grossophobes.
Camille, une jeune femme de presque trente ans, témoigne de son expérience dans un café de Ménilmontant. Comme de nombreux répondants, elle a mis du temps à retourner consulter après une mauvaise expérience : « Allez sur la table, déshabillez-vous, écartez les jambes, les pieds sur les étriers. Détendez-vous, là faut se détendre… Oui, plus facile à dire qu’à faire ! » Ce malaise est partagé par 70 % des personnes interrogées, qui affirment s’être senties mal physiquement ou mentalement après une consultation.
Le rapport souligne également que la loi Kouchner de 2002 stipule qu’« aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne ». Cependant, de nombreux témoignages révèlent que ce principe est souvent mal appliqué. Laure, une autre femme ayant consulté plusieurs gynécologues, note que des réflexes patriarcaux influencent encore les pratiques médicales : « J’ai eu des questions sur le fait d’avoir eu des enfants ou pas, si je voulais des enfants, alors que je n’avais jamais dit que je voulais des enfants. »
Les violences observées ne se limitent pas aux gestes médicaux, mais incluent également des discriminations basées sur le genre, la morphologie ou l’identité de genre. En réponse à ces problématiques, Stop VOG a contribué à la rédaction d’une proposition de loi actuellement examinée au Conseil d’État. Cette loi vise à responsabiliser le corps médical, notamment les gynécologues et obstétriciens, face aux violences sexistes et sexuelles.
Pour plus d’informations, consultez le rapport de l’association Stop VOG.
Source : Stop VOG
