Sommet sur les réparations liées à l’esclavage à Accra : attentes et interrogations à Cape Coast
Le 18 juin 2026, plusieurs chefs d’État se réunissent à Accra pour la deuxième journée d’un sommet consacré aux réparations liées à l’esclavage et au colonialisme. Après une première journée de discussions techniques à huis clos, les responsables politiques prennent le relais, avec pour objectif de transformer l’élan créé par la récente résolution des Nations unies sur les conséquences de l’esclavage en mes concrètes. À Cape Coast, où l’histoire de la traite négrière demeure omniprésente, le débat résonne particulièrement.
À Cape Coast, le château, autrefois point de départ de la traite transatlantique, est le témoin silencieux des souffrances passées. Ato Eshun, responsable régional des musées et monuments du Ghana, souligne l’importance de ce débat : « Il était temps que ce débat ait lieu. Il arrive tard, mais il va dans la bonne direction. Lorsqu’un mal d’une telle ampleur a été commis et que personne n’en assume la responsabilité, cela donne l’impression que tout cela était normal. »
Cependant, le terme « réparations » suscite des interprétations variées. Daphne Ocran, qui visite le château avec sa famille, insiste sur l’importance de la mémoire : « Si l’on ne comprend pas ce qui a été perdu, on ne peut pas comprendre ce que ça signifie de réparer. » Sa mère, Giftey Ocran, s’interroge sur la forme que pourraient prendre ces réparations : « Je me demande qui bénéficiera réellement de ces réparations. Personnellement, je préférerais que l’on investisse dans le pays, dans les populations. Qu’on construise des hôpitaux, qu’on finance des projets d’envergure dont le plus grand nombre pourra bénéficier. »
Ainsi, à Cape Coast, le mot « réparations » suscite autant d’espoir que de questions. Les dirigeants réunis à Accra auront pour mission de répondre à ces interrogations et de définir des actions concrètes.
Source : RFI
