Cancer : Une étude révèle comment les inégalités sociales impactent les risques
Une étude récente met en lumière les inégalités sociales face au cancer en France, révélant que les populations les plus modestes sont particulièrement touchées par des formes de la maladie aux pronostics moins favorables. Selon les résultats, les individus appartenant aux 10 % les plus modestes présentent un risque 1,7 fois plus élevé de développer des cancers de mauvais pronostic par rapport aux 10 % les plus aisés.
Historiquement, le cancer était perçu comme une maladie affectant uniformément la population. Cependant, des recherches plus récentes montrent un lien significatif entre la situation socio-économique des individus et leur risque de développer la maladie. En effet, les populations défavorisées sont souvent exposées à des facteurs de risque plus élevés, ont moins accès aux dépistages et reçoivent des diagnostics à des stades plus avancés.
L’étude, publiée le 4 juin par la Drees, combine des données de remboursement de l’Assurance maladie avec celles d’un échantillon démographique de l’Insee sur la période 2013-2020. Elle met en exergue des différences notables dans les types de cancers selon les classes sociales. Par exemple, le cancer du poumon est deux fois plus fréquent chez les hommes des 10 % les plus modestes par rapport à ceux des 10 % les plus aisés. En revanche, les cancers du sein et de la prostate touchent davantage les individus les plus favorisés.
Les chercheurs avancent plusieurs hypothèses pour expliquer ces disparités : une exposition accrue à des facteurs de risque comme le tabagisme, des différences dans l’accès au dépistage, et des diagnostics souvent plus tardifs pour les populations défavorisées. De plus, les cancers associés à des chances de survie plus faibles sont également plus fréquents chez les plus modestes.
Les diagnostics précoces sont cruciaux pour un traitement efficace, mais les inégalités persistent. Par exemple, pour les cancers dépistables comme ceux du sein, colorectal ou du col de l’utérus, les diagnostics sont souvent réalisés à des stades avancés chez les populations les plus défavorisées. Cette situation est aggravée par des freins financiers et un manque d’information sur les soins.
Enfin, l’étude souligne que les cancers dits « évitables », souvent liés au tabac ou à l’alcool, sont plus fréquents chez les plus modestes, le risque étant plus de deux fois supérieur pour les 10 % les moins favorisés comparé aux plus aisés. Ces résultats mettent en avant la nécessité d’une action préventive ciblée pour réduire les inégalités sociales dans le domaine de la santé.
Source : Drees
