Pascal Chevremont, futur président de l’ANJ, oppose à une loi Évin pour les paris sportifs
Proposé par Emmanuel Macron pour prendre la présidence de l’Autorité nationale des jeux (ANJ), Pascal Chevremont a été auditionné par l’Assemblée nationale ce mercredi 17 juin. Interrogé sur la possibilité d’adopter une législation similaire à la loi Évin, qui régule la promotion de l’alcool et du tabac, il a estimé que la régulation actuelle des paris sportifs était déjà « assez solide ».
Le Parlement a validé, lors de deux auditions devant les commissions des finances de l’Assemblée nationale et du Sénat, la nomination de Chevremont pour succéder à Isabelle Falque-Pierrotin, dont le mandat arrive à son terme. L’ANJ, créée en 2020, est une autorité administrative indépendante chargée de la régulation des jeux d’argent et de hasard.
Lutte contre le jeu illégal et protection des mineurs
Lors de son audition, Chevremont a mis en avant ses priorités, notamment la lutte contre le jeu illégal. Il a souligné l’importance d’améliorer l’attractivité de l’offre légale pour contrer l’illégalité. « Je préfère que les joueurs à risque soient identifiés et accompagnés par des opérateurs légaux », a-t-il déclaré.
Il a également abordé la protection des mineurs, affirmant qu’environ 15 % d’entre eux étaient détectés en situation de jeu illégal. Pour remédier à cette situation, Chevremont prévoit de renforcer la lutte contre la fraude documentaire et d’accélérer la vérification identitaire lors de la création de comptes.
« On va y aller progressivement »
Concernant la régulation de la publicité pour les paris sportifs, particulièrement active en cette période de Coupe du monde de football, Chevremont a minimisé la nécessité d’une évolution législative rapide. « La régulation de la promotion doit être améliorée, mais elle commence à être assez solide », a-t-il affirmé. Il a précisé que l’ANJ « utilisera tous les instruments qui sont à sa disposition » pour améliorer cette situation.
Début juin, Emmanuel Duplessy, député écologiste, a proposé une loi inspirée de la loi Évin de 1991, visant à interdire la publicité pour les paris sportifs pendant les matchs et sur les réseaux sociaux. Il a noté que l’ANJ avait approuvé des stratégies promotionnelles en hausse de près de 25 %, atteignant presque 800 millions d’euros, tout en alertant sur l’intensification de la publicité autour de la Coupe du monde. Duplessy a questionné : « Si la loi Évin est légitime pour l’alcool, pourquoi ne pas l’appliquer aux paris sportifs ? »
Source : LCP
