Suspension des IA d’Anthropic à l’étranger : Trump veut-il nous priver des meilleures intelligences artificielles ?
Lors de son discours de clôture au sommet du G7 à Évian, Emmanuel Macron a mis en garde, le 17 juin, contre la « non-coopération entre démocraties » en matière d’intelligence artificielle. Cette déclaration fait écho à la récente suspension par l’administration Trump de deux modèles d’IA développés par Anthropic, Mythos 5 et Fable 5, pour les utilisateurs non américains.
Suspension soudaine
Le week-end dernier, un message a été affiché sur les écrans des utilisateurs de Fable 5, indiquant que le modèle était désormais inaccessible et suggérant d’utiliser le modèle précédent, Claude Opus 4.8. Cette décision, prise par le Secrétariat américain au Commerce, n’est pas due à un bug, mais à une volonté de débrancher ce modèle en dehors des États-Unis. Fable 5, même dans sa version limitée, semble avoir été suspendue en raison de sa puissance présumée.
IA la plus puissante ?
Le 6 mai, des ingénieurs de l’AI Security Agency avaient rapporté que Mythos 5 avait réussi à résoudre des scénarios de cyberattaques considérés comme infranchissables. En conséquence, Anthropic a décidé de réserver ce modèle aux institutions sélectionnées, commercialisant Fable 5 comme une version restreinte. Selon le Wall Street Journal, c’est Andy Jassy, le patron d’Amazon, qui aurait alerté le Secrétariat américain après que ses ingénieurs ont découvert une possibilité de cyberattaque via Fable 5.
L’ombre de la Chine ?
Une autre version de l’histoire, rapportée par le média Semafor, évoque des préoccupations géopolitiques. Un groupe lié au gouvernement chinois aurait réussi à accéder à Mythos, ce qui pourrait permettre à des experts chinois de former leur propre modèle d’IA à moindre coût. Anthropic a qualifié cette réaction de « surréaction » à un « piratage mineur » et a nié que la piste chinoise ait été évoquée.
Électrochoc en France
Cette situation soulève des questions sur la dépendance de l’Europe et de la France vis-à-vis des IA américaines. Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a récemment annoncé la rupture d’un contrat avec Palantir, un géant américain de la surveillance, et a déclaré que la DGSI adopterait une solution française, ChapsVizion. Malgré des contraintes budgétaires, l’État français prévoit d’investir 650 millions d’euros dans l’intelligence artificielle d’ici 2030, un montant qui reste modeste face aux investissements américains, qui devraient atteindre plus de 500 milliards de dollars en 2026.
Source : Ouest-France