Au Mali, l’artiste-peintre Leila Walet Mohamed présente actuellement ses toiles à l’Institut français de Bamako. L’exposition Héritage en silence offre à voir des toiles abstraites aux couleurs intenses et porteuses de messages très concrets : l’artiste est engagée pour la scolarisation des filles et la promotion de la culture touareg.
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Leila Walet Mohamed est née à Gao, dans le nord du Mali, il y a 36 ans. De toute sa famille, elle est la première fille à avoir pu aller à l’école. Ce qui a changé sa vie, et sa peinture : « J’ai été scolarisée à l’âge de douze ans », se souvient la peintre, qui ajoute : « Le fait que je sache lire et écrire a changé la trajectoire de ma vie. Quand les filles ne sont pas scolarisées, plus tard, elles n’ont pas d’options dans la vie ».
L’école, la tante et le marron
Si l’artiste a fait de l’accès des filles à l’éducation un engagement personnel, son travail rend aussi hommage à toutes les femmes de sa famille qui n’ont pas eu cette chance. « J’ai voulu faire cette exposition pour mettre en lumière les femmes de ma famille qui n’ont pas été scolarisées mais qui, quand même, ont été des femmes très brillantes, confie Leila Walet Mohamed. J’ai une tante qui est très douce, très calme, mais qui a eu un vécu qui fait qu’elle a beaucoup à raconter. Je peux faire un mélange de couleurs qui représente cette personne : j’ai mis du marron, j’ai ajouté de l’orange, j’avais envie de la représenter comme ça.
Alphabet Tifinagh
Pour s’adresser à tous et susciter des émotions, Leila Walet Mohamed peint de grandes toiles abstraites aux couleurs intenses. Dans ses œuvres, elle intègre parfois des éléments figuratifs : ici un visage de femme, et là des lettres de l’alphabet ancestral touareg Tifinagh.
« Tifinagh, c’est un alphabet avec lequel je n’ai pas grandi et que je ne sais pas écrire, explique Leila Walet Mohamed. Elle l’a découvert en explorant sa culture. « Je me suis dit que j’allais l’intégrer à mes toiles pour que les gens le découvrent aussi. J’écris des petites phrases, comme « scolariser une fille, c’est scolariser le monde entier », pour que les gens découvrent l’alphabet Tifinagh, tout simplement. »
L’exposition Héritage en silence de Leila Walet Mohamed est à voir à l’Institut français de Bamako jusqu’au 31 juillet. Une rencontre avec l’artiste est programmée le 2 juillet.
Source : RFI
