Sous-capitalisation des entreprises : un phénomène préoccupant
Les experts-comptables, en première ligne pour anticiper les difficultés des entreprises, alertent sur un phénomène de sous-capitalisation qui fragilise le tissu économique français. Damien Charrier, président de l’Ordre des experts-comptables, souligne l’importance de l’accompagnement des TPE et PME sur des sujets cruciaux tels que la trésorerie, la transmission d’entreprise et la mise en place de la facture électronique.
Lors du premier trimestre 2026, les défaillances d’entreprises ont connu une nouvelle hausse, s’inscrivant dans une tendance à la baisse du chiffre d’affaires observée depuis cinq trimestres. Les experts-comptables, qui soutiennent 90 % des TPE et PME en France, rapportent que certains secteurs comme la restauration, avec une chute de 6,8 % de son chiffre d’affaires par rapport à l’année précédente, et le bâtiment, sont particulièrement touchés.
La sous-capitalisation des entreprises est un enjeu majeur. Les trésoreries restent fragiles face à une crise prolongée, rendant certaines entreprises vulnérables à des procédures collectives. L’Ordre des experts-comptables a signé la Charte de confiance avec des acteurs de la prévention pour mieux anticiper ces situations critiques. Cependant, de nombreux chefs d’entreprise hésitent encore à solliciter de l’aide, ce qui augmente les risques.
Concernant la transmission d’entreprise, près de 500 000 chefs d’entreprise devront prendre leur retraite dans la prochaine décennie, ce qui représente un défi majeur pour la continuité économique. L’Ordre travaille avec le ministre des PME pour faciliter ce processus, notamment à travers des propositions telles que l’imposition progressive du crédit vendeur.
Sur le plan de la facture électronique, environ 22 000 experts-comptables accompagnent 3,5 millions d’entreprises dans cette transition, avec une mise en œuvre prévue pour le 1er septembre 2026. Les entreprises semblent prêtes, avec 60 % d’entre elles déjà opérationnelles ou ayant un plan d’action en place.
Enfin, en matière d’intelligence artificielle, l’Ordre s’efforce de fournir une perspective sur son impact sur les organisations, tout en formant les professionnels du secteur à son utilisation.
Source : Décideurs Magazine