Une bonne copie, dans l’antichambre des business schools : une critique des élites de demain
Le documentaire « Une bonne copie », réalisé par Clément Marchand et Théo Pétrignet, explore les classes préparatoires économiques et commerciales en France, révélant les dynamiques de la méritocratie française. Chaque année, des milliers de jeunes de 18 à 20 ans, majoritairement issus de classes sociales favorisées, intègrent des programmes financés par le contribuable pour préparer des concours très sélectifs menant aux meilleures business schools.
Le film suit Léonie et Esteban, élèves au lycée Champollion de Grenoble, pendant deux ans, dans leurs environnements respectifs. Léonie, issue d’un milieu bourgeois, aspire à travailler dans l’industrie spatiale, tandis qu’Esteban, d’origine modeste, lutte pour améliorer son anglais et espère intégrer une grande école.
Une critique des mécanismes de reproduction sociale
Le documentaire met en lumière les mécanismes de reproduction sociale présents dans le système éducatif français. Léonie, ayant suivi une classe européenne, semble mieux positionnée pour réussir que son camarade Esteban. Ce dernier, conscient de ses lacunes, exprime son désir de s’enrichir, mais fait face à des obstacles structurels.
Le film dresse un portrait nuancé du système prépa HEC, dont le programme, bien que stimulant, est critiqué pour son orientation vers le concours, au détriment d’une formation plus en phase avec la réalité du management. Les enseignants, bienveillants, semblent osciller entre la formation d’élites éthiques et la perpétuation des inégalités.
Différentes études montrent que les classes préparatoires restent un bastion de la reproduction sociale en France, avec une majorité d’élèves provenant de milieux favorisés. Selon l’INSEE, en 2020, près de 70 % des élèves des classes préparatoires étaient issus de familles de cadres ou de professions intermédiaires.
Le documentaire sera diffusé le 17 juin 2024 sur LCP, et sera disponible en replay sur le site de la chaîne.
Source : LCP
