Lire, plaisir, guérir avec Philippe Lançon
C’est sur les conseils de Philippe Lançon que Nicolas Demorand a redécouvert le plaisir de la lecture après une période difficile. Lançon, rescapé de l’attentat de Charlie Hebdo, a prescrit à Demorand une « ordonnance » de romans policiers, incluant des œuvres japonaises, finlandaises et américaines, qui ont agi comme un véritable remède. Pour Lançon, le roman policier a la capacité d’immerger le lecteur dans un récit qui l’extrait de ses propres préoccupations : « C’est peut-être cette lourdeur et cette gravité saisies par le récit qui permettent de chasser la sienne. »
Lançon souligne également que le polar « sécrète un miel qui fait passer plus facilement l’effort » de lire, surtout lorsque l’on manque de force. Pour lui, le plaisir reste la raison principale de lire : « Le plaisir n’est pas stérile, il éveille l’intelligence, ouvre le champ et stimule. »
Proust, Kafka et Thomas Mann : les premiers livres après l’attentat
Depuis son lit d’hôpital, Philippe Lançon a retrouvé les livres par deux chemins. Il a d’abord demandé à ses parents de lui rapporter ses ouvrages de la Pléiade de Marcel Proust, qu’il décrit comme « une maison que je connais bien », ainsi que La Montagne magique de Thomas Mann, qu’il n’avait jamais lu. Par la suite, Claire Devarrieux, sa cheffe de service à Libération, lui a apporté Lettres à Milena de Kafka. Ces trois ouvrages ont constitué, selon Lançon, « le camp de base » pour gravir l’Himalaya de son rétablissement.
Parallèlement, il a continué à tenir une chronique hebdomadaire dans Charlie, relatant la vie du service de chirurgie maxillo-faciale depuis son brancard. Ce n’est qu’après un certain temps, encouragé par Serge July, fondateur de Libération, et sa chirurgienne Chloé Bertolus, qu’il a réalisé qu’il était temps d’écrire Le Lambeau.
Conclusion
Philippe Lançon illustre comment la littérature peut servir de refuge et de thérapie, permettant à ceux qui traversent des épreuves de retrouver un sens et un plaisir à la lecture. Ses expériences témoignent de la puissance des mots dans le processus de guérison.
Source : Radio France