Le Sénat approuve le projet de loi sur le travail des boulangers et fleuristes le 1er mai
Le Sénat a adopté le mardi 16 juin un projet de loi permettant aux boulangers et fleuristes artisanaux de faire travailler leurs salariés le 1er mai. Cette initiative gouvernementale a ravivé les clivages politiques, quelques semaines après une Fête du travail déjà marquée par des tensions.
Le 1er mai, jour férié, chômé et payé, suscite des débats récurrents au sein de la représentation nationale. Il y a six semaines, lors de la Journée internationale des travailleurs, le Premier ministre Sébastien Lecornu et Gabriel Attal, président du groupe Renaissance, avaient déjà affiché leur soutien à la « liberté de travailler » dans une boulangerie.
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a défendu devant les sénateurs un projet de loi qualifié de « clarification » du cadre légal du travail des salariés dans ces secteurs. Le Sénat a adopté le texte sans modification, avec 229 voix pour et 110 contre, l’ensemble de la gauche votant contre.
Cette initiative fait suite à une première proposition de loi, qui avait été suspendue en avril sous la pression de la fronde. Le gouvernement a depuis dialogué avec les filières et propose désormais un texte jugé plus équilibré. Ce dernier prévoit que les artisans boulangers-pâtissiers et fleuristes puissent faire travailler leurs salariés le 1er mai, à condition qu’un accord de branche fixe les modalités de volontariat et de rémunération. Jean-Pierre Farandou a affirmé que cela renforcerait le pouvoir des syndicats.
Le texte vise à remédier à un flou juridique, le Code du travail ne précisant pas les métiers concernés par l’autorisation de travail le 1er mai. Ce flou avait conduit à des contrôles et des amendes pour certains boulangers. Olivier Henno, rapporteur du texte, a reconnu qu’il s’agissait d’un « premier pas » mais a regretté que le texte ne s’applique qu’aux boulangers et fleuristes.
Des groupes parlementaires de gauche ont exprimé des inquiétudes sur l’ouverture d’une « brèche dans le droit du travail », craignant une remise en cause des conquêtes sociales. Sophie Binet, numéro un de la CGT, a dénoncé les « petits calculs politiciens » du gouvernement, affirmant que ce projet profiterait davantage aux grandes chaînes qu’aux petits artisans.
Le texte sera désormais examiné par l’Assemblée nationale, où son passage pourrait s’avérer plus complexe. L’objectif est d’aboutir à une adoption définitive avant le 1er mai 2027.
Source : La Croix.
