Plaintes répétées, viols, emprise. Ce que l’on sait du professeur de collège accusé par dix anciennes élèves avant son procès
Un ancien professeur de collège des Hautes-Alpes sera jugé pour viols et agressions sexuelles sur dix élèves à partir du 22 juin. Les témoignages font état d’emprise et de violence. Après une première plainte, il est resté plusieurs mois en poste.
S’agit-il d’un nouveau dysfonctionnement du système judiciaire et de l’Éducation nationale après des faits de viols sur mineure ? Un ancien professeur de collège sera jugé à partir du 22 juin devant la cour criminelle de Gap pour des viols commis sur des élèves de 12 à 15 ans. Le Figaro, qui révèle l’affaire, fait état d’une plainte classée sans suite et évoque des alertes antérieures aux plaintes. Voici ce que l’on sait.
10 jeunes filles parties civiles
Les témoignages recueillis par les enquêteurs et relatés par Le Figaro se suivent et se ressemblent. Entre 2015 et 2018, Mickaël M. était enseignant au collège Les Giraudes, à l’Argentière-la-Bessée. Durant cette période, il aurait commis des attouchements et des viols sur plusieurs élèves âgées de 12 à 15 ans. Plusieurs anciennes élèves font état de relations d’emprise.
Juliette, par exemple, évoque le regret et la honte d’avoir été, « pendant près d’un an, l’esclave sexuelle » de son professeur de 17 ans son aîné. Il a fait signer à plusieurs de ses victimes un contrat comme on en trouve dans le livre 50 nuances de Grey*, leur imposant de faire du sport, d’avoir les cheveux longs, de manger équilibré, mais aussi de s’épiler intégralement. Au total, 10 jeunes filles se sont portées partie civile dans ce procès, qui pourrait se tenir à huis clos, du fait de leur minorité.
Une première plainte sans conséquence
En juin 2017, une élève de cinquième porte plainte et déclare que Mickaël M. lui a « caressé les fesses » et « donné des coups de fesses », alors qu’elle se trouvait à son casier. Sa mère récolte alors plusieurs témoignages incriminant les comportements déplacés du professeur : « tirages de bretelles de soutien-gorge », « attouchements sur les fesses », etc. La direction du collège effectue également un signalement à la gendarmerie.
L’enseignant se défend, affirmant faire des « câlins collectifs pour remercier ses élèves ». Il reste professeur dans l’établissement. C’est en février 2018 qu’une deuxième plainte relance l’affaire. Une élève de 13 ans fait état d’un viol dans une salle de classe. Mickaël M. est resté enseignant dans d’autres établissements jusqu’en 2019. Il a été mis en examen en février 2019.
Le suspect fiché comme auteur d’infractions sexuelles
Depuis sa mise en examen, Mickaël M. est placé sous contrôle judiciaire. Il travaille comme « moniteur-éducateur » dans un établissement de l’Isère accueillant des « adultes handicapés et exceptionnellement des mineurs ». L’ancien professeur est inscrit au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes depuis 2022.
À son domicile lors d’une perquisition, les enquêteurs ont notamment trouvé des contenus pédopornographiques et des mails explicites concernant ses élèves. Interrogé par les gendarmes et le magistrat instructeur, Mickaël M. a assuré que ses élèves étaient consentantes. Selon les informations du Figaro, dès 2015, la direction du collège avait intimé l’ordre au professeur de ne pas se trouver seul avec des élèves. Son père, constatant son attirance pour les jeunes filles, lui aurait conseillé de consulter un psychologue. Avant d’enseigner dans les Hautes-Alpes, Mickaël M. était professeur dans un collège à Orange.
Le prénom a été changé par le Figaro.
Source : Le Figaro.
