Centrafrique : Ouverture du procès contre François Bozizé jugé par contumace
La Cour pénale spéciale a ouvert ce mardi à Bangui le procès de François Bozizé, ancien président de la République centrafricaine, dans l’affaire de Bossembélé. Actuellement en exil en Guinée-Bissau, Bozizé est jugé par contumace aux côtés de trois de ses principaux officiers militaires pour des crimes contre l’humanité présumés commis entre 2009 et 2013 à Bangui, Bossembélé et Bouar. Ce procès représente le sixième organisé par la Cour pénale spéciale depuis le début de ses activités en République centrafricaine en 2018.
À l’ouverture de l’audience, les juges ont procédé à la lecture des charges retenues contre les quatre accusés, avant de revenir sur le contexte et l’historique des faits. Dans leur box, Eugène Barret Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy comparaissent vêtus de combinaisons orange. Bien que François Bozizé soit absent, il est jugé conformément aux dispositions légales.
Jean-Alexandre Tindano, représentant du parquet spécial, a déclaré : « Il a été régulièrement considéré. On a procédé par mandat d’arrêt qui a même été rendu public. Il ne s’est pas présenté, alors la cour est autorisée à procéder à son absence. » Pour garantir le respect des standards internationaux, un avocat a été désigné pour suivre le procès jusqu’à son terme.
Avant le procès, la défense a soulevé une exception d’irrecevabilité, arguant que les crimes contre l’humanité n’avaient été intégrés dans la législation centrafricaine qu’en janvier 2010, conformément au Statut de Rome. Cette requête a été rejetée par la Chambre d’assises.
Malgré ce rejet, Me Edith Douzima, l’un des avocats de la défense, a exprimé sa confiance. « C’est une chose de reprocher à un accusé un certain nombre de faits. Mais ce sont les débats qui vont déterminer. François Bozizé est supposé innocent jusqu’à ce qu’il y ait un jugement passé en force », a-t-elle affirmé.
Les débats reprendront ce jeudi devant la Cour pénale spéciale.
Source : RFI
