Grève chez Decathlon : Plus de 1 000 employés réclament une augmentation des salaires
Plus d’un millier d’employés de Decathlon ont déclenché une grève, samedi 6 juin, à travers toute la France pour exiger une revalorisation de leurs salaires. Cette mobilisation survient alors que l’entreprise, spécialisée dans les articles de sport, a enregistré un bénéfice net en hausse en 2025.
Sébastien Chauvin, délégué syndical central CFDT chez Decathlon, a déclaré : « La vie n’est pas rose à Decathlon, en tout cas pour ceux qui y travaillent. » Lors d’un rassemblement à Paris, une trentaine de personnes se sont réunies pour exprimer leurs revendications. Plusieurs magasins ont vu des salariés distribuer des tracts et appeler à signer une pétition en ligne, qui a recueilli plus de 5 300 signatures en milieu d’après-midi. À Paris, certains employés sont même entrés dans un magasin pour demander, avec un mégaphone, une augmentation salariale. Selon les chiffres fournis par Decathlon, la participation au mouvement social était de 5 % de ses 23 000 collaborateurs en fin de matinée, tandis que 99 % de ses 324 magasins restaient opérationnels.
Un bénéfice net en hausse de 16 %
Justine Ammeloot, déléguée syndicale CFDT et employée au magasin V2 de Villeneuve-d’Ascq, a dénoncé le « refus total » de la direction de venir à la table des négociations après la récente revalorisation du SMIC en juin. Elle a ajouté que cette situation représente « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase » et a conduit à cette mobilisation, qualifiée d’« inédite » par l’intersyndicale.
En avril, Decathlon avait annoncé un bénéfice net en hausse de 16 % en 2025, atteignant 910 millions d’euros, avec un chiffre d’affaires de 16,8 milliards, en progression de 4 %. Véronique Andrade, employée depuis 29 ans chez Decathlon, a exprimé son inquiétude : « Pourtant, notre pouvoir d’achat, il baisse. » Elle a critiqué les « millions d’euros » que les dirigeants vont « se mettre dans la poche ».
« L’entreprise réduit les effectifs, donc on a de plus en plus de tâches »
Simon Korpiun, vendeur au magasin de Villeneuve-d’Ascq et délégué syndical CFDT, a souligné que les fiches de poste deviennent de plus en plus complexes, alors que l’entreprise réduit les effectifs. Il a déclaré : « Nous avons de plus en plus de tâches, moins de moyens pour les faire et ça ne se répercute pas dans nos salaires. »
Contacté par l’Agence France-Presse, Decathlon a assuré maintenir « un dialogue régulier avec les représentants du personnel et reste attentif, au quotidien, aux attentes de ses collaborateurs ».
Fondée dans les années 1970, Decathlon figure parmi les enseignes préférées des Français, avec 1 902 magasins dans le monde et près de 103 000 salariés.
Source : Agence France-Presse
