Union européenne | Pas d’intégration rapide de l’Ukraine en vue

Pas d’intégration rapide de l’Ukraine en vue

Bien que les dirigeants européens multiplient les déclarations de soutien envers le président ukrainien Volodymyr Zelensky, rien ne laisse entendre que son pays pourra bientôt être intégré à l’Union européenne (UE) comme il le demande avec insistance.

Les États membres de l’UE ont donné leur aval lundi à l’ouverture de négociations concernant un premier groupe d’enjeux thématiques liés à la démocratie. Cependant, plusieurs pays ont averti que l’ensemble du processus pourrait prendre de nombreuses années. La Hongrie, qui auparavant bloquait les négociations sous l’ex-premier ministre prorusse Viktor Orbán, a révisé sa position depuis l’arrivée au pouvoir de Péter Magyar. Néanmoins, elle évoque une échéance de « 10 à 15 ans », alors que Kyiv prétend pouvoir satisfaire à la plupart des exigences européennes d’ici 2028.

Marc Loustau, un journaliste établi à Budapest, a indiqué que le « scepticisme » manifesté par le nouveau dirigeant hongrois est une réponse à la méfiance de la population, alimentée par des années de « propagande anti-Ukraine » en provenance de Russie. Loustau note que Péter Magyar, en tant que politicien modérément conservateur, ne voit pas d’avantage à s’opposer à l’opinion publique hongroise.

L’intérêt de Kyiv pour une intégration rapide dans l’UE semble également être une manière d’obtenir une forme de garantie de sécurité, alors que son projet de se joindre à l’OTAN semble au point mort. Dominique Arel, spécialiste de l’Ukraine à l’Université d’Ottawa, souligne que l’intégration à l’UE ne garantit pas le soutien militaire des pays membres en cas d’agression externe, contrairement à l’OTAN.

Malgré l’ouverture des négociations, plusieurs pays restent méfiants, craignant d’envenimer la situation avec Moscou, qui continue d’écarter les appels à la négociation lancés par Kyiv. Arel ajoute que l’Ukraine a démontré, par ses frappes récentes contre la Russie, que les menaces de Vladimir Poutine concernant l’arme nucléaire ne sont pas crédibles.

Le manque d’empressement de l’UE à intégrer l’Ukraine, malgré ses capacités de défense, est perçu comme « en décalage » avec la nécessité de compenser la volonté américaine de réduire sa participation au sein de l’OTAN. Arel souligne que l’intégration dans l’UE est avant tout une question de volonté politique.

Des préoccupations subsistent également concernant le manque de progrès de l’Ukraine sur des exigences clés de l’UE, notamment sur la question de la corruption, mise en lumière par la démission récente d’un proche conseiller de Zelensky.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué le « courage et la détermination » des dirigeants ukrainiens et moldaves pour avancer dans les réformes, malgré les défis. Toutefois, l’approbation finale de chaque chapitre de négociation revient aux pays membres de l’UE, qui doivent se prononcer à l’unanimité.

Source : La Presse

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