Comment le sens de l’orientation vient aux enfants – et ce que changent les GPS
Avec la généralisation des outils numériques, se pose la question de la perte du sens de l’orientation qui se développe durant les premières années de la vie. Comprendre comment les enfants apprennent à élaborer leurs cartes mentales nous éclaire sur les mutations en cours.
Un départ en famille se prépare. Vous lancez votre application GPS, mais rien ne se passe. Après plusieurs tentatives infructueuses, il va falloir se débrouiller sans. La route est familière, mais le doute s’installe : à gauche en sortant ou à droite pour rejoindre la nationale ?
Cette situation soulève une interrogation : cette technologie nous a-t-elle fait perdre notre sens de l’orientation ?
Qu’est-ce que « la navigation spatiale » ?
La « navigation spatiale » désigne l’ensemble des processus qui nous permettent de nous orienter et de nous déplacer. Ces capacités reposent sur l’intégration de nos mouvements dans l’environnement, nous permettant de nous orienter même dans l’obscurité. Pour maintenir notre cap, nous utilisons également des points de repère externes, comme des monuments, afin de créer une carte mentale détaillée.
S’orienter dans l’espace, un jeu d’enfant ?
Dès les premiers mois, les nouveau-nés montrent des capacités étonnantes pour se repérer. À partir de 6 à 9 mois, ils utilisent des repères visuels familiers pour ajuster leur orientation. À 5 mois, ils perçoivent les changements de position d’un objet, et à 18 mois, ils commencent à mémoriser des emplacements précis. Vers 21 mois, ils combinent les informations de leurs mouvements avec des repères extérieurs pour retrouver des positions.
L’expérience motrice joue un rôle clé : plus les enfants marchent, plus leurs compétences spatiales progressent. Entre 6 et 10 ans, ils deviennent capables de combiner différents types d’informations pour se situer dans l’espace. À partir de 10 ans, leurs performances spatiales approchent celles des adultes.
Le GPS, allié ou ennemi de notre sens de l’orientation ?
Bien que le GPS soit un outil utile dans des environnements inconnus, son usage systématique pourrait modifier notre façon de nous repérer. Des études suggèrent que les utilisateurs fréquents de GPS s’orientent moins bien dans des environnements nouveaux et développent une connaissance moins précise des lieux visités. Une méta-analyse récente indique un lien négatif entre l’usage du GPS et le sens de l’orientation, bien que l’impact soit moindre lorsque l’utilisateur reste actif cognitivement.
Ainsi, le GPS ne compromet pas nos capacités de navigation, mais son utilisation détermine son influence sur notre sens de l’orientation.
En conclusion, même sans carte routière, il est possible de réactiver notre ancien GPS mental. En observant notre environnement et en mémorisant des repères, nous pouvons savourer le voyage et réapprendre à naviguer.
Source : The Conversation
