Des investisseurs américains traquent l’équipe d’Espagne de football aux États-Unis pour saisir une partie de leurs avoirs
Un fonds d’investissement américain, Blasket Renewable Investments LLC, réclame 200 millions d’euros d’avoirs espagnols localisés aux États-Unis, dont certains seraient liés à la Coupe du Monde 2026. Les investisseurs reprochent à l’État espagnol d’avoir interrompu ses investissements dans les énergies renouvelables en 2013, ce qui a engendré des pertes conséquentes pour eux.
Ce litige, qui dure depuis 13 ans, a refait surface en pleine compétition mondiale. Blasket, représentant cinq autres sociétés requérantes, demande plus de 600 millions d’euros d’indemnités et d’intérêts, en raison de l’abrogation d’un régime de subventions qui avait attiré des milliards d’euros d’investissements étrangers. Cette décision, prise par le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, visait à réaliser des économies durant la crise de la dette en zone euro.
Environ 8 milliards d’euros de dettes ont été accumulés par l’Espagne, dont 2 milliards d’euros, intérêts compris, envers Blasket et d’autres investisseurs, que le pays refuse de rembourser. Désormais, ces investisseurs cherchent à récupérer une partie de leurs fonds via le Mondial 2026, en ciblant notamment des actifs espagnols aux États-Unis.
Le fonds Blasket a engagé des procédures de recouvrement dans 10 États américains où l’équipe espagnole pourrait jouer. Les cibles incluent non seulement la FIFA, mais aussi Adidas, l’équipementier de l’équipe, et l’hôtel Hilton de Chattanooga, où les joueurs pourraient séjourner. Tous ont été assignés à comparaître pour fournir des informations sur les actifs espagnols.
Le gouvernement espagnol soutient que la Fédération royale espagnole de football (RFEF) est une entité privée, et que les activités de l’équipe ne devraient pas être affectées par les actions de Blasket. Madrid défend également que ces procédures d’arbitrage ne sont pas compatibles avec le droit européen, comme l’a établi une décision de la Cour de justice de l’UE en 2021.
Les plaintes ont été déposées en vertu du Traité sur la charte de l’énergie, un accord international permettant aux entreprises de poursuivre des pays signataires pour des décisions impactant leurs investissements. Bien que l’Espagne ait quitté ce traité, les investissements réalisés restent protégés pendant 20 ans après son retrait.
En attendant, les investisseurs se tournent vers d’autres pays signataires pour récupérer leurs indemnités, ayant déjà obtenu des jugements favorables dans d’autres juridictions, dont l’Angleterre, où des biens espagnols ont été saisis.
Source : BFM TV
