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« Je suis traitée pour dépression et anxiété » : Cécile Weyer, maraîchère, poursuit Maël de Calan après la perte de son RSA

La date du 15 juin est marquée dans l’agenda de Cécile Weyer, maraîchère bio du Sud-Finistère. Ce jour-là, elle se rendra au tribunal judiciaire de Brest où elle se porte partie civile contre Maël de Calan, président du conseil départemental, dans une affaire de « harcèlement moral institutionnel » portée par la CGT.

Cécile Weyer a perdu son droit au revenu de solidarité active (RSA) après un contrôle qu’elle qualifie d’« intrusif ». Selon ses déclarations, un contrôleur du Département a affirmé que son statut juridique d’entreprise ne lui permettait pas de bénéficier du RSA, la contraignant à se verser un salaire minimum. Elle conteste cette décision, soulignant que « la loi est floue » et que le conseil départemental en a choisi une interprétation stricte.

Nathan Martin, co-secrétaire général de la Confédération paysanne du Finistère, confirme que des agriculteurs, dont Cécile, sollicitent de l’aide depuis 2024. La Confédération s’est également portée partie civile dans cette affaire, ayant précédemment obtenu le rétablissement d’un crédit d’impôt pour des agriculteurs dont l’aide avait été considérée comme un revenu.

Maël de Calan, cité à comparaître, défend son « plan RSA » instauré en 2021. Il a récemment déclaré que certaines personnes confondent le RSA avec un revenu universel, ajoutant que des agriculteurs, qu’il qualifie de « faux agriculteurs », exploitent des terres de manière non viable tout en bénéficiant du RSA.

Ludovic Morin, secrétaire de l’union départementale CGT du Finistère, critique la politique de Maël de Calan, affirmant qu’elle vise à « épuiser, fatiguer, faire du mal » aux allocataires déjà en difficulté. Cécile Weyer, en traitement pour dépression, décrit un système qu’elle trouve déshumanisant, avec un rapport de pouvoir déséquilibré entre elle et son contrôleur.

Une étude récente commandée par le Département d’Ille-et-Vilaine révèle que 50 % des allocataires du RSA interrogés remplissent des critères de burn-out, 70 % présentent des symptômes dépressifs, et 90 % souffrent d’anxiété. Cette étude souligne les exigences et contraintes que vivent les bénéficiaires du RSA.

Le plan RSA du Finistère inclut également un volet de « coaching », critiqué par des bénéficiaires qui le jugent inutile et humiliant. Des associations d’aide aux personnes en difficulté s’inquiètent d’un durcissement des politiques sociales, mettant en lumière la stigmatisation des personnes bénéficiaires des minima sociaux.

Chaque partie pourra présenter ses arguments lors de l’audience programmée pour le 15 juin au tribunal correctionnel de Brest.

Source : Reporterre

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