Une menace systémique : la France face à la pollution de l’eau potable

Un groupe de médecins libéraux en France tire la sonnette d’alarme sur la pollution chimique de l’eau potable, notamment en raison des pesticides et des PFAS. L’organisation, qui avait déjà alerté sur les risques liés au cadmium, qualifie cette situation de « menace systémique » et appelle le gouvernement à mettre en œuvre plusieurs mes.

« La pollution de l’eau potable constitue une menace systémique, insuffisamment encadrée, aux conséquences sanitaires potentiellement considérables », déclare la conférence nationale des Unions régionales des professionnels de santé médecins libéraux (URPS-ML) dans un communiqué.

Les URPS-ML concentrent désormais leur message sur la pollution de l’eau, un sujet déjà soulevé par d’autres organisations. En avril, deux ONG environnementales ont déposé plainte contre l’État français, jugeant insuffisantes les mes prises pour protéger l’eau des pollutions agricoles.

La pollution de l’eau potable se manifeste principalement par la présence de pesticides, de PFAS, souvent qualifiés de « polluants éternels », et de microplastiques. Environ 19 millions de Français ont consommé au moins une fois en 2024 une eau non conforme, selon des chiffres du ministère de la Santé.

Des mes à prendre

Les médecins rappellent les nombreux risques associés à ces substances, tels que des impacts sur le système hormonal, nerveux et immunitaire, ainsi que le développement de pathologies cardiaques et cancéreuses, de troubles hormonaux et neurodégénératifs, et d’hypofécondité. L’organisation a adressé une lettre au gouvernement demandant une « évolution de la réglementation » incluant l’élargissement des substances surveillées, l’amélioration des systèmes de filtration, et la réduction des PFAS et des plastiques. Elle prône également le développement de l’agriculture biologique au détriment de l’agriculture intensive.

L’évaluation du risque sanitaire demeure complexe. La simple présence d’un contaminant dans l’eau n’implique pas un danger immédiat, et des débats subsistent sur les seuils de concentration et les durées d’exposition à ne pas dépasser.

Récemment, les députés ont voté un article obligeant les préfets à encadrer les pratiques agricoles près des eaux potables les plus polluées. Toutefois, l’opposition de gauche considère cette me insuffisante, estimant qu’elle exclut trop de captages potentiellement concernés.

Avec AFP

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