Hector Pieterson, 12 ans : figure emblématique du soulèvement de Soweto
Le 16 juin 1976, des milliers d’étudiants se mobilisent dans les rues de Soweto pour protester contre l’enseignement en afrikaans, langue imposée par la minorité blanche au pouvoir. Cette marche pacifique est brutalement réprimée par la police, entraînant le début d’un vaste soulèvement de la jeunesse sud-africaine. Hector Pieterson, âgé de 12 ans, est tué ce jour-là, devenant ainsi un symbole de la lutte anti-apartheid.
Antoinette Sithole, grande sœur d’Hector, se souvient de cette journée marquante. À l’époque, elle avait 16 ans et était parmi les manifestants. « C’était vraiment très excitant. Nous venions de différentes écoles de tout Soweto, et notre objectif était Orlando West, le quartier d’origine de nombreux dirigeants emblématiques », raconte-t-elle. Les manifestants brandissaient des pancartes avec des slogans tels que « À bas l’afrikaans ». Antoinette évoque l’atmosphère de détermination, tout en se rappelant les consignes de prudence données aux participants pour éviter de provoquer la police.
Cependant, la situation dégénère rapidement. « Tout à coup, il y a eu un coup de feu. Nous avons dû fuir, courir dans toutes les directions », explique-t-elle. Antoinette se souvient avoir aperçu son frère Hector, lui faisant signe de s’approcher. Malheureusement, ils se séparent dans la confusion. Plus tard, elle découvre avec désespoir qu’Hector a été touché et qu’il est décédé.
Bien qu’Hector n’ait que 12 ans et ne comprenne pas pleinement les enjeux politiques, sa mort a eu un impact considérable. Antoinette souligne que son nom a apporté de la justice en Afrique du Sud, affirmant que « n’importe qui peut changer la vie des gens, peu importe leur âge ». Elle décrit Hector comme un enfant calme, passionné de karaté et aimant les blagues, une image qui contraste fortement avec son rôle tragique dans l’histoire.
Le souvenir d’Hector Pieterson perdure, notamment grâce à une photographie emblématique prise par Sam Nzima, qui le montre dans les bras d’un manifestant après sa mort. Cette image est devenue le visage de la lutte contre l’apartheid.
Source : RFI