Près de 6 milliards animaux aquatiques sont tués chaque année par les centrales nucléaires françaises, selon le rapport d’une association

Près de six milliards d’animaux aquatiques tués par les centrales nucléaires en France

Un rapport du réseau Sortir du nucléaire, publié le 15 juin, révèle que près de six milliards d’animaux aquatiques, notamment des poissons, crustacés et méduses, seraient tués chaque année en France par les systèmes de refroidissement des centrales nucléaires. Intitulée « L’Hécatombe invisible », l’étude s’appuie sur des documents internes d’EDF, mettant en lumière un phénomène largement méconnu du grand public.

Un constat alarmant

L’association Sortir du nucléaire affirme qu’au moins 5,9 milliards d’animaux aquatiques périssent chaque année à cause des centrales. Ces chiffres proviennent de 38 études réalisées entre 1981 et 2025 sur différents sites nucléaires. Marjorie D’Agostino, chargée de la surveillance citoyenne au sein du réseau, explique que les données ont été agrégées à partir de rapports spécifiques à chaque site, car EDF ne publie pas de synthèse globale des mortalités.

Mécanismes de mortalité

Les centrales nucléaires prélèvent d’importantes quantités d’eau dans les mers, fleuves et estuaires pour refroidir leurs réacteurs. Ce processus entraîne l’aspiration de nombreux organismes vivants. Les œufs et larves de poissons ou crustacés traversent les filtres et pénètrent dans les circuits de refroidissement, où ils subissent des chocs thermiques, chimiques et mécaniques. Les animaux plus gros peuvent se retrouver bloqués dans les tambours filtrants, risquant l’étouffement ou d’autres formes de mortalité.

Selon le rapport, la mortalité liée à ces phénomènes, appelés « entraînement » et « piégeage », peut atteindre 100 % selon les espèces. Une centaine d’espèces, incluant des sprats, harengs et anguilles, sont concernées.

Réactions d’EDF et des autorités

EDF ne conteste pas les chiffres fournis, mais souligne que ses installations font l’objet d’une surveillance rigoureuse de l’écosystème aquatique. L’entreprise affirme que les études annuelles ne montrent pas d’évolution des populations directement liée à l’exploitation des centrales. De son côté, l’Autorité environnementale indique que les captures observées représentent généralement moins de 1 % des biomasses régionales, limitant ainsi l’impact sur la dynamique des populations.

Perspectives d’avenir

Sortir du nucléaire met en garde que la relance de l’énergie nucléaire pourrait aggraver la situation. Avec les nouveaux réacteurs projetés à Penly et Gravelines, le nombre d’animaux concernés pourrait atteindre 7,7 milliards par an. Ce phénomène, bien que largement ignoré par le grand public, est connu d’EDF depuis le lancement du programme nucléaire français dans les années 1970.

Source : Sortir du nucléaire, Le Monde.

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