Cancer du pancréas : le daraxonrasib, un espoir pour retarder la progression de la maladie

Cancer du pancréas : le daraxonrasib, un espoir pour retarder la progression de la maladie

Un nouveau traitement contre le cancer du pancréas métastatique, l’une des formes les plus mortelles de cancer, a été présenté le 31 mai lors du congrès de la société américaine d’oncologie clinique à Chicago. Le daraxonrasib, développé par la start-up californienne Revolution Medicines, pourrait potentiellement doubler l’espérance de vie des patients. Actuellement, les traitements par chimiothérapie offrent une survie moyenne de six mois, tandis que le daraxonrasib permettrait d’atteindre 13,2 mois.

Les résultats de cette étude, publiés dans The New England Journal of Medicine, proviennent d’un essai clinique de phase 3 mené dans cinq pays, dont la France, entre 2024 et 2025. Au total, 500 patients ayant déjà reçu une première chimiothérapie ont été suivis. La moitié a été traitée avec le daraxonrasib, l’autre avec une seconde chimiothérapie.

Thomas Pudlarz, oncologue à l’Institut Gustave Roussy, précise que « ce traitement ne va pas permettre une guérison, mais représente un progrès majeur en repoussant la progression de la maladie et en améliorant la qualité de vie des patients ». Fabrice André, également oncologue, souligne que six mois supplémentaires peuvent sembler peu, mais représentent un gain significatif face à un cancer agressif.

Cette avancée est considérée comme la première en une décennie dans la lutte contre le cancer du pancréas, qui tue près de 470 000 personnes chaque année dans le monde. Le cancer est souvent détecté tardivement, lorsque le patient présente déjà des symptômes et que la maladie est généralement métastasée.

Le daraxonrasib pourrait changer la donne en ciblant une mutation génétique spécifique, le gène Kras, responsable de plus de 90 % des cancers du pancréas. Cependant, des effets secondaires tels que des éruptions cutanées et des nausées ont été observés, et des questions demeurent quant à la résistance potentielle des patients à ce traitement.

Des études supplémentaires sont envisagées pour optimiser l’utilisation du daraxonrasib, notamment son administration dès le diagnostic. Des essais cliniques commencent aux États-Unis et en France pour évaluer son efficacité en tant que traitement initial.

Enfin, les chercheurs explorent la possibilité d’utiliser le daraxonrasib pour d’autres types de cancers associés à des mutations du gène Kras, comme certains cancers du poumon et colorectaux.

Les médecins espèrent que ces avancées ouvriront de nouvelles perspectives en recherche oncologique, tout en attendant que le daraxonrasib passe les étapes réglementaires nécessaires pour devenir accessible en France.

Source : France 24

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