Ses collègues découvrent qu'elle les insulte sur Instagram : la vendeuse a pourtant obtenu 3 500 € en justice

Ses collègues découvrent qu’elle les insulte sur Instagram : la vendeuse a pourtant obtenu 3 500 € en justice

Une affaire qui a débuté en mai 2021 dans une enseigne spécialisée dans les loisirs culturels et créatifs a conduit à un licenciement et à une décision de justice. Des employés, en utilisant une tablette professionnelle laissée sur un poste de travail, ont découvert un compte Instagram ouvert appartenant à une collègue, conseillère de vente. Les messages trouvés sur ce compte contenaient des insultes, des surnoms dégradants et des moqueries ciblées visant des collègues.

L’atmosphère au sein de l’équipe était déjà tendue, plusieurs salariés ayant signalé un malaise général, marqué par des remarques humiliantes et un climat de moquerie. Face à ces signalements, la direction avait organisé une « visite d’écoute ». Suite à la découverte des messages, la salariée a été convoquée à un entretien préalable le 7 juin 2021, et licenciée pour cause réelle et sérieuse le 13 juillet 2021.

En première instance, le conseil de prud’hommes a jugé que le licenciement était sans cause réelle et sérieuse, condamnant l’entreprise à verser 3 500 euros à la salariée, ainsi que 1 200 euros pour les frais de justice. L’argument principal de la salariée était que les messages relevaient de sa vie privée, la tablette étant protégée par un code personnel.

En appel, bien que l’origine des messages ait été clarifiée — ils ont été découverts par des collègues et non par l’employeur —, la cour a estimé que la preuve obtenue était proportionnée et nécessaire. Elle a également noté que la salariée n’agissait pas seule, mais sous l’influence d’un supérieur hiérarchique qui participait aux échanges. Ce dernier, ainsi que le directeur du magasin, ont été licenciés pour faute grave.

Finalement, la cour d’appel a confirmé en octobre 2025 que le licenciement était sans cause réelle et sérieuse, maintenant l’indemnité de 3 500 euros mais rejetant les autres demandes de la salariée. Cette affaire souligne l’obligation pour les employeurs d’agir face aux signalements de souffrance au travail pour protéger la santé mentale de leurs salariés.

Source : Le Figaro.

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