"Sa méthode ? Moi ou le chaos" : comment Gilles Simeoni tente d’arracher l'autonomie de la Corse à l’Assemblée

Gilles Simeoni, entre lobbying et démarches politiques pour l’autonomie de la Corse

Gilles Simeoni, maire de Bastia et ancien président de l’exécutif corse, s’illustre par ses efforts pour obtenir un statut d’autonomie pour la Corse à l’Assemblée nationale. Alors qu’un projet de loi constitutionnelle a été présenté aux députés le 16 juin, Simeoni espère qu’il sera adopté avant la prochaine présidentielle, avec un vote conforme du Sénat prévu à l’automne.

L’initiative, portée par la ministre de l’Aménagement du territoire, Françoise Gatel, et le rapporteur Renaissance Florent Boudié, vise à permettre aux élus locaux d’adapter les lois hexagonales, notamment en matière de logement, d’urbanisme et de gestion des déchets. Cependant, le projet fait face à des réserves du Conseil d’État, qui a exprimé des inquiétudes sur la reconnaissance d’une « communauté historique » et d’un « lien singulier à sa terre », considérées comme contraires aux principes d’indivisibilité de la République.

Simeoni, perçu comme un hyperactif du lobbying, multiplie les rencontres avec divers groupes parlementaires, utilisant une approche jugée par certains comme intimidante. Il avertit que le rejet du texte pourrait avoir des « conséquences perturbantes », une rhétorique critiquée par ses opposants, qui y voient des menaces implicites.

Les débats autour du texte révèlent des tensions, notamment sur la notion de « préférence régionale », qui pourrait donner la priorité aux résidents corses en matière d’accès au logement et à l’emploi. Cette disposition suscite des critiques, certains y voyant un risque d’émiettement de la République.

Malgré les défis, Simeoni reste déterminé. Son entourage insiste sur sa volonté de dialoguer avec l’ensemble des groupes parlementaires. Les discussions autour de l’autonomie de la Corse continuent de susciter des débats passionnés, tant sur l’île qu’à Paris.

Source : L’Express.

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