Énergies sur le champ de bataille aéroterrestre : état des lieux et perspectives
Les armées françaises demeurent structurellement dépendantes des hydrocarbures, sans alternative crédible au kérosène pour l’aviation d’ici 2040. Cette conclusion résulte d’une analyse approfondie menée par l’Observatoire Armée de Terre 2040, une initiative de la Fondation pour la Maîtrise des Enjeux Stratégiques (FMES) en collaboration avec la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) et l’Institut d’Études de Stratégie et de Défense de Lyon.
Constat actuel
La France importe près de 99 % de son pétrole, dont 0,8 % est utilisé par les forces armées. Cette dépendance expose le pays à des risques géopolitiques significatifs. L’analyse révèle également un déséquilibre dans la consommation énergétique des armées, avec 70 % des besoins liés aux activités aéronautiques, 21 % pour les forces navales et 8 % pour les forces terrestres. Selon le Général Sylvain Hilairet, aucune option réaliste ne permettrait de remplacer le kérosène des aéronefs à l’horizon 2040.
Hybridation thermique-électrique
L’hybridation thermique-électrique apparaît comme une solution potentielle, permettant une réduction de la consommation de 20 à 40 %. Toutefois, cette approche crée une nouvelle dépendance envers la Chine, qui contrôle 85 à 90 % du raffinage mondial des matières premières critiques, telles que le lithium et le cobalt. La transition vers des systèmes hybrides présente également des défis techniques, notamment la vulnérabilité des batteries lithium-ion aux températures extrêmes et leur complexité en termes de maintenance.
Carburants de synthèse
Les carburants de synthèse, produits à partir d’hydrogène vert et de CO₂ capturé, représentent une alternative prometteuse. Ils sont compatibles avec les infrastructures existantes, sans nécessiter de modifications des motorisations. Selon l’ONG Transport & Environnement, le prix du litre de carburant de synthèse pourrait descendre à environ 2,8 euros d’ici 2030, ce qui pourrait en faire une option économiquement viable pour les armées. Cependant, la production mondiale de ces carburants reste marginale, et des investissements significatifs sont nécessaires pour augmenter les capacités industrielles.
Conclusion
Face aux défis énergétiques actuels, les armées françaises doivent envisager des stratégies à long terme pour réduire leur dépendance aux hydrocarbures. La transition vers des carburants de synthèse et l’hybridation thermique-électrique nécessitent une planification rigoureuse et des partenariats avec des acteurs industriels pour asr la sécurité énergétique des forces armées.
Source : Observatoire Armée de Terre 2040, FMES
