Pénurie de main-d’œuvre dans la boulangerie : 25 000 postes à pourvoir
Le secteur de la boulangerie et de la meunerie en France fait face à une crise de recrutement sans précédent. Selon la Dares, l’organisme statistique du ministère du Travail, les tensions de recrutement sont qualifiées de « très fortes » depuis 2019. L’ANMF, en collaboration avec France Travail, a lancé une initiative nationale pour pourvoir 25 000 postes à travers le pays.
Ce secteur, essentiel à l’économie locale, est composé de milliers de petites entreprises. Malgré son importance historique, il souffre de contraintes horaires rigoureuses, de salaires modérés et d’une difficulté à renouveler ses effectifs. En 2018, près de 94 000 personnes y exerçaient, générant un chiffre d’affaires de 10,7 milliards d’euros, selon l’Insee.
Les données de l’Insee montrent que 63 % des employés occupent un emploi à durée indéterminée, mais les conditions de travail restent difficiles. Environ 90 % des professionnels travaillent le samedi, 61 % le dimanche et 53 % la nuit. Ces horaires atypiques, associés à des tâches variées allant de la fabrication du pain à l’accueil des clients, sont souvent cités comme des freins à l’attractivité du métier.
Le salaire net médian des boulangers et pâtissiers à temps complet s’élevait à 1 558 euros par mois entre 2017 et 2019, avec 42 % des salariés gagnant moins de 1 500 euros et seulement 2 % dépassant les 3 000 euros. En 2024, le salaire brut médian à l’embauche d’un boulanger est estimé à 1 850 euros par mois, avec des variations allant de 1 526 euros bruts pour les salaires les plus bas à 2 200 euros pour les mieux rémunérés, selon un échantillon de 650 annonces.
En revanche, les boulangers à leur compte peuvent espérer un revenu mensuel moyen de 2 330 euros, surtout dans les zones urbaines denses. Cette situation souligne un besoin urgent de renouvellement des effectifs dans un métier traditionnel qui reste central dans l’économie quotidienne.
Source : Dares, Insee, Figaro Emploi
