Itinérance : la situation ne s’améliore pas dans Milton-Parc, dit l’ombudsman de Montréal
Quatre ans après avoir dénoncé la « crise humanitaire » touchant les personnes autochtones et inuit en situation d’itinérance dans le secteur de Milton-Parc, au cœur de Montréal, l’Ombudsman de Montréal ne constate « aucune amélioration globale » de la situation. Dans son rapport annuel 2025, déposé lundi au conseil municipal, l’ombudsman Nadine Mailloux souligne que « l’intensité et la complexité des enjeux se sont accrues ».
Mme Mailloux s’appuie sur des consultations menées avec des résidents du quartier, des organismes communautaires, des intervenants du milieu et des acteurs municipaux. Elle affirme que « ce que les gens observent, ce dont les gens nous parlent, c’est une complexification et une détérioration du climat dans Milton-Parc ».
Le rapport actuel fait suite à une analyse de 2022, qui révélait une « détresse humaine intolérable » vécue par les Autochtones et Inuit en situation d’itinérance. Ce précédent rapport avait mis en lumière le manque de planification et de collaboration entre les différents intervenants, tout en formulant des recommandations à la Ville de Montréal, telles que l’assouplissement de la réglementation d’urbanisme pour l’implantation de ressources d’hébergement.
Bien que l’administration de l’ancienne mairesse, Valérie Plante, ait déployé une Équipe mobile de médiation et d’intervention sociale (ÉMMIS) en 2023, l’ombudsman note dans son nouveau rapport que « ces interventions n’ont [.] pas été suffisamment structurantes pour produire des changements tangibles et durables dans l’espace public ».
Sur le plan de la sécurité, le rapport indique une « forte augmentation » de la vente de drogue, notamment de crack, et un déplacement de la criminalité vers Milton-Parc en raison d’interventions policières dans les secteurs voisins. Il souligne également le manque de ressources adaptées pour les personnes ayant des besoins spécifiques en santé mentale ou en dépendance. L’ombudsman appelle à un déploiement de ressources suffisantes et structurées pour répondre aux besoins croissants observés.
L’urgence d’agir est soulignée dans le cadre d’un projet d’hébergement d’urgence permanent à Milton-Parc, annoncé depuis 2023. Cependant, le rapport note une appréciation unanime de la présence accrue de patrouilles policières à pied dans le secteur, avec des demandes pour qu’elles soient plus nombreuses.
En réaction au rapport, la mairesse du Plateau-Mont-Royal, Cathy Wong, a affirmé que l’arrondissement faisait « tout ce qui est possible » pour répondre à la crise, tout en soulignant la nécessité de concertation entre plusieurs acteurs. Claude Pinard, président du comité exécutif de la Ville de Montréal, a qualifié la situation de « complètement inacceptable », précisant qu’il s’agit d’un enjeu de dignité humaine.
L’ombudsman Mailloux a salué la « volonté très claire de la nouvelle administration municipale d’être en mouvement » pour améliorer la situation.
Source : Radio-Canada