« C’est un aménagement de fortune » : à Marseille, les fidèles musulmans toujours dans l’attente d’une grande mosquée en ce début de l’Aïd el-Kébir
Ce mercredi, les prières qui marquent le début de l’Aïd el-Kébir auront parfois lieu dans des salles bondées ou même dans des stades de la ville, faute de mosquées assez grandes. Certains fidèles se sentent abandonnés par les pouvoirs publics.
À Marseille, où réside la plus grande communauté musulmane de France, la célébration de l’Aïd el-Kébir, qui débute le 27 mai, souligne un besoin pressant d’infrastructures adaptées. Le projet d’une grande mosquée de 7 000 places, lancé en 2010, est toujours à l’arrêt.
Dans les quartiers Nord, la mosquée de la Busserine, inaugurée en 2023, peut accueillir 1 200 fidèles. Cependant, son président, Fouad Latreche, déplore qu’elle soit insuffisante : « Lors de la prière de l’Aïd, nous accueillons environ 10 000 fidèles en une heure. Une seule mosquée ça ne suffit pas. »
Pour pallier ce manque, de nombreuses mosquées louent des terrains de sport pour les prières. Esma, étudiante, souligne les inconvénients de ces aménagements temporaires : « On est obligés de prier dans les stades, mais il n’y a pas d’abri ni de source d’eau. Dans les mosquées, tout est aménagé pour que nous puissions faire nos ablutions correctement. »
Les fidèles expriment également un besoin de sécurité. Asia, une autre étudiante, confie avoir subi des insultes racistes lors de prières en plein air. « Avec une grande mosquée, on se sentirait un peu en sécurité et pas forcément exposé », déclare-t-elle.
Djamel Zekri, président du Conseil départemental du culte musulman, rappelle que Marseille compte environ 300 000 musulmans, mais seulement une soixantaine de petites mosquées. « Il faut parfois refuser des fidèles », affirme-t-il.
Bien que la construction de la Grande Mosquée ait été initiée sous l’ancien maire Jean-Claude Gaudin, le projet est à l’arrêt depuis des années. Djamel Zekri déplore le manque de soutien des pouvoirs publics : « Nous faisons le constat que nous sommes seuls. »
La mairie de Marseille a déclaré qu’elle examinerait « tout projet concret » et a récemment cédé des terrains pour accueillir les croyants dans deux cités de la ville.
Source : Franceinfo
