Compte rendu de la première séance du 15 juin 2026
La première séance de l’Assemblée nationale s’est ouverte ce lundi 15 juin 2026 à 16 heures, avec à l’ordre du jour la discussion d’une proposition de loi sur la sortie des collections publiques de restes humains des peuples kali’nas et arawaks, en vue de funérailles sur le territoire de la Guyane (n° 2803, 2912).
La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a ouvert le débat en rappelant l’adoption, un mois auparavant, de la troisième loi-cadre relative aux restitutions de biens culturels ayant fait l’objet d’une appropriation illicite. Cette loi, promulguée le 9 mai 2026, a été saluée pour son consensus au sein des deux chambres et pour son importance dans la réconciliation historique avec les partenaires africains.
Mme Pégard a souligné que la France conserve encore des restes humains liés à son passé colonial, et que la loi actuelle vise à faciliter la restitution de ces restes à des États étrangers, tout en ne prévoyant pas de procédures pour les inhumations sur le territoire national. Elle a évoqué des demandes légitimes de descendants du peuple kali’na, qui n’avaient pas pu être satisfaites faute de cadre légal approprié.
En 1892, trente-trois Amérindiens kali’nas et arawaks avaient été emmenés en France par un explorateur pour être exhibés dans des spectacles ethnologiques. Huit d’entre eux sont morts, et les corps de six sont toujours conservés au Muséum national d’histoire naturelle. Cette histoire tragique a été redécouverte par Corinne Toka-Devilliers, qui a fondé en 2021 l’association Moliko Alet+Po, demandant le retour des dépouilles en Guyane.
Le rapporteur de la commission des affaires culturelles, Jean-Victor Castor, a également pris la parole pour saluer la délégation guyanaise présente et rappeler l’importance de cette loi pour la mémoire et la justice. Il a noté que ce texte ne représente pas seulement une procédure législative, mais un acte de réparation envers des ancêtres qui attendent depuis 134 ans de retrouver leur terre.
Le Sénat a déjà adopté ce texte en première lecture, et la ministre a exhorté l’Assemblée à faire de même pour permettre le lancement immédiat des démarches administratives nécessaires.
Cette proposition de loi vise à reconnaître et rendre hommage à des individus dont les noms et les histoires avaient été effacés, affirmant ainsi leur dignité et celle de leurs descendants.
Source : Assemblée nationale
