Une hécatombe invisible : près de 6 milliards de poissons et crustacés tués par les centrales nucléaires
15 juin 2026 à 15h06
Durée de lecture : 2 minutes
Un rapport publié le 15 juin par le réseau Sortir du nucléaire révèle qu’au moins 5,9 milliards de poissons, de crustacés et de méduses sont aspirés chaque année dans les systèmes de refroidissement des réacteurs nucléaires en France. En moyenne, cela représente environ 16 millions d’animaux aquatiques tués chaque jour, qualifiés par l’association d’« hécatombe invisible » touchant les écosystèmes marins.
Les chiffres proviennent de documents internes d’EDF que l’association a pu obtenir. Contrairement à EDF, qui communique souvent en termes de poids, Sortir du nucléaire a choisi de mettre l’accent sur le nombre d’individus, permettant ainsi de mieux appréhender l’ampleur des pertes écologiques. Marjorie D’Agostino, responsable de la surveillance citoyenne au sein de l’association, souligne que « personne ne se rend compte de ce que représentent 46 tonnes ou 600 tonnes de poissons ».
L’association dénonce également une « stratégie d’invisibilisation du phénomène », notant que dans les communications d’EDF, les poissons et méduses sont parfois qualifiés d’“agresseurs” lorsqu’ils risquent d’obstruer les prises d’eau, inversant ainsi la responsabilité environnementale.
Pour le refroidissement des centrales, d’énormes volumes d’eau sont prélevés, équivalents à une piscine olympique chaque minute. La faune aquatique est alors aspirée, subissant divers chocs thermiques, chimiques et mécaniques, et les plus gros organismes peuvent être piégés, traités à l’eau de Javel, et mourir de suffocation.
L’association souligne un « angle mort réglementaire », notant qu’aucune obligation de suivi systématique des animaux capturés n’est imposée aux exploitants, malgré la reconnaissance de ce phénomène comme un impact environnemental majeur lors du développement du programme nucléaire français dans les années 1970.
Source : Sortir du nucléaire
