Des lycéens et lycéennes durant le baccalauréat de philosophie à Toulouse, le 15 juin 2026. – © Valentine Chapuis / AFP
15 juin 2026 à 14h40
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Le 15 juin, les élèves de terminale ont traité un sujet d’importance écologique lors de l’épreuve de philosophie du baccalauréat, consacrée à la question : « La technique peut-elle être mauvaise ? ». Ce thème questionne depuis longtemps le mouvement écologiste, notamment à travers les écrits de penseurs comme Günther Anders et Jacques Ellul, qui critiquent l’idolâtrie technologique de notre époque. Jacques Ellul affirmait : « Ce n’est pas la technique qui nous asservit, mais le sacré transféré à la technique. »
Les philosophes écologistes soutiennent depuis des décennies que la technique n’est pas « neutre » : il n’existe pas de « bon » ou de « mauvais » usage en soi. Les objets techniques orientent notre utilisation et façonnent un monde dont il est difficile de s’échapper. Ivan Illich évoque un « monopole radical », soulignant que la technique crée de nouveaux besoins et transforme la société, parfois de manière brutale.
Le mouvement écologiste a émergé au XIXe siècle en réaction à l’essor des machines, comme l’indique l’historien François Jarrige. Il s’oppose au mythe du progrès et de la croissance, dénonçant leurs effets dévastateurs sur la beauté et les savoir-faire traditionnels.
Non, la technologie ne nous sauvera pas
Des critiques de la technique se retrouvent également chez Karl Marx. Dans un discours de 1856, il écrivait : « Nous voyons que les machines douées du merveilleux pouvoir de réduire le travail humain et de le rendre fécond, le font dépérir et s’exténuer. » Selon lui, les avancées techniques se transforment souvent en sources de détresse. À me que l’humanité maîtrise la nature, elle devient l’esclave de ses propres créations.
Déjà l’année précédente, les élèves avaient abordé une thématique similaire avec la question : « Notre avenir dépend-il de la technique ? ». Nicolas Celnik, journaliste et auteur, avait alors affirmé que la technologie ne serait pas notre salut. Il citait François Jarrige : « L’opposition au changement technique ne consiste pas dans un refus de la technique, elle vise à s’opposer à l’ordre social et politique que celle-ci véhicule. »
Ce débat sur la technique et son impact sur la société reste
Source : Reporterre
