Un match classé à haut risque : ce que vont subir les Bleus pendant cette Coupe du monde inquiète déjà les scientifiques

Un match classé à haut risque : ce que vont subir les Bleus pendant cette Coupe du monde inquiète déjà les scientifiques

Le rendez-vous tant attendu par les amateurs de football en France approche. Demain, mardi 16 juin 2026, les Bleus disputeront leur premier match de la 23e Coupe du Monde, avec un coup d’envoi prévu à 15 heures, heure locale, au MetLife Stadium, à New York. Ce match est classé à haut risque, non pas en raison de possibles perturbateurs violents, mais à cause de deux facteurs préoccupants : la chaleur et l’humidité.

Dans le nord-est des États-Unis, des températures proches de 30 °C sont anticipées, associées à un taux d’humidité élevé. Cela représente un risque de stress thermique tant pour les joueurs que pour les spectateurs.

Les scientifiques soulignent que toutes les équipes participant à cette Coupe du Monde ne seront pas confrontées aux mêmes conditions climatiques. En effet, la répartition géographique des stades, qui accueillent les matchs dans trois pays aux climats variés, influe sur les conditions de jeu.

Quand le corps ne refroidit plus

Le stress thermique dépend non seulement de la température, mais aussi de l’humidité. Un footballeur, qui parcourt entre 10 et 12 kilomètres par match, génère une quantité significative de chaleur. Dans des conditions normales, la transpiration permet de refroidir le corps. Cependant, lorsque l’air est déjà chaud et humide, l’évaporation est entravée, ce qui entraîne une accumulation de chaleur, une baisse des performances et une coordination altérée.

Les chercheurs se penchent sur l’indice de température humide globe (WBGT), qui prend en compte le rayonnement et les conditions de vent, pour évaluer les risques. Ce système est plus pertinent que la température brute pour juger des conditions de jeu.

Des parcours très inégaux face à la chaleur

Les équipes du groupe E, comprenant l’Allemagne, Curaçao, la Côte d’Ivoire et l’Équateur, devront faire face aux WBGT les plus élevés, variant entre 24,5 °C et 26,7 °C. En revanche, les équipes du groupe G, qui inclut la Belgique, l’Égypte, l’Iran et la Nouvelle-Zélande, bénéficieront de conditions plus favorables.

Pour l’équipe de France, la situation est préoccupante. Aucun des stades où elle jouera n’est climatisé ni couvert, et tous ses matchs sont programmés dans l’après-midi. Les chercheurs estiment que les Bleus pourraient rencontrer les températures maximales les plus élevées, atteignant 27,7 °C, et des températures moyennes 2 à 3 °C supérieures à celles des autres équipes de leur groupe.

Protéger les joueurs ? Pas une priorité !

Un WBGT de 28 °C est considéré comme un seuil critique pour le stress thermique, entraînant des risques de maux de tête et de défaillance cardiovasculaire. Une lettre ouverte signée par des experts appelle à reporter les matchs dans de telles conditions et à instaurer des pauses fraîches de six minutes.

Selon le réseau World Weather Attribution, 26 matchs pourraient se dérouler dans des conditions dépassant les 26 °C, avec une chance sur huit que la finale soit parmi eux. Cinq matchs de cette Coupe du Monde 2026 pourraient dépasser le seuil critique des 28 °C, y compris le match France-Sénégal. La FIFA n’envisage pas de report, ni d’instaurer des pauses fraîches adéquates.

Les scientifiques notent que la préparation spécifique des joueurs pourrait les aider à s’adapter à ces conditions. Cependant, la plupart des athlètes évoluant en Europe n’ont pas eu le temps de s’acclimater avant le tournoi.

Une compétition rattrapée par le climat

Avec le réchauffement climatique, les conditions de jeu lors de cette Coupe du Monde pourraient devenir la norme. Le rapport « Pitches in Peril » avertit qu’à l’horizon 2050, près de 90 % des stades d’Amérique du Nord pourraient faire face à des conditions extrêmes, rendant leur utilisation difficile sans adaptation.

Face à ces projections, les scientifiques appellent la FIFA à s’attaquer à la racine du problème, notamment la dépendance aux énergies fossiles, un enjeu sensible lié à l’économie du football mondial.

Source : Futura Sciences.

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