Iran-Starlink : Téhéran menace SpaceX et Musk
Face aux frappes américaines, Téhéran réplique sur le terrain de la cyber-guerre asymétrique. Accusé de complicité tactique avec le Pentagone et de briser la cen locale, le réseau satellitaire Starlink de SpaceX est désormais dans le viseur des Gardiens de la révolution.
Les récents échanges de tirs entre les États-Unis et l’Iran soulèvent des inquiétudes quant à une possible intensification des conflits au Moyen-Orient. Le 11 juin 2026, des déclarations contradictoires de Donald Trump sur des frappes militaires ont alimenté cette incertitude. Le président américain avait initialement annoncé des frappes massives, avant de finalement les annuler.
Cette escalade militaire fait suite à l’abattage d’un hélicoptère américain au-dessus du détroit d’Hormuz. En réponse, Trump a déclaré avoir ordonné le largage de bombes pour un montant de 250 millions de dollars (environ 230 millions d’euros) sur des cibles iraniennes, menaçant également de s’emparer de l’île de Kharg, un point névralgique pour le pétrole iranien.
Dans ce contexte, Téhéran a averti qu’une nouvelle flambée de violence pourrait entraîner des frappes sur des « actifs économiques gérés par Elon Musk ». Selon l’agence de presse Fars, proche des Gardiens de la Révolution, l’Iran se réserve le droit de frapper Starlink, en raison de son utilisation par les armées américaine et israélienne.
Le projet militaire Starshield de SpaceX, qui inclut des satellites de renseignement et des communications sécurisées, est également cité comme justification de cette menace. En outre, le régime iranien considère Starlink non seulement comme une menace extérieure, mais aussi comme un outil de subversion interne. Des rapports indiquent que le Département d’État américain a clandestinement introduit près de 6 000 terminaux Starlink en Iran pour aider les militants anti-régime à contourner les restrictions d’accès à Internet.
En cas d’attaque, il est probable que Téhéran cible les stations au sol du réseau Starlink, plutôt que les satellites eux-mêmes, en raison de leur résilience et de leur mobilité. Les stations au sol, nécessaires pour relier la constellation satellitaire à l’Internet terrestre, sont principalement situées en Israël, au Qatar, à Oman, aux Émirats arabes unis et en Jordanie.
Cette menace s’inscrit dans un durcissement général de la position de l’Iran face à la supériorité numérique des États-Unis, ayant déjà désigné d’autres géants technologiques comme Apple et Google comme cibles militaires potentielles.
Source : Numerama
