Marie, Aaron, Léon, Jessica… Comment les prénoms se sont diversifiés en 80 ans
Les prénoms attribués aux enfants en France ont connu une évolution marquée au cours des 80 dernières années. Selon une étude de l’Insee publiée mercredi, les choix des parents se sont diversifiés, passant de quelques prénoms dominants à une multitude de possibilités.
En 2025, les parents français ont donné à leurs enfants plus de huit fois plus de prénoms différents qu’en 1946. Pour illustrer cette tendance, les 649 000 bébés nés en France l’an passé ont reçu 65 940 prénoms différents, alors qu’en 1946, les 869 000 naissances ne se répartissaient que sur 8 007 prénoms.
Cette diversité est particulièrement notable chez les filles, avec 1 131 prénoms pour 10 000 naissances en 2025, contre 994 pour les garçons. L’Insee souligne que la transmission intergénérationnelle des prénoms masculins réduit leur variété, tandis que les choix féminins sont souvent influencés par des critères esthétiques et les modes.
Historiquement, jusqu’en 1946, seuls les prénoms inscrits au calendrier ou inspirés de personnages historiques étaient autorisés, limitant ainsi la créativité des parents. Ce cadre légal a été assoupli progressivement, culminant avec la loi du 8 janvier 1993 qui consacre la liberté de choix tant que cela ne nuit pas à l’enfant.
L’impact de cette évolution est visible depuis la fin des années 1990, période à laquelle le nombre de prénoms pour 10 000 naissances atteignait environ 600 pour les filles et 500 pour les garçons. Malgré la popularité historique de prénoms comme Marie et Jean, leur usage a diminué de manière significative. En 1946, Jean était attribué à 53 380 garçons (12 % des naissances masculines), tandis qu’en 2024, il n’était plus que 540. Pour Marie, le déclin est similaire : 31 090 filles en 1946 (7,3 % des naissances) contre seulement 510 en 2025.
L’Insee note également que seuls 37 prénoms, dont 23 masculins et 14 féminins, ont été attribués au moins 100 fois chaque année pendant 80 ans. Parmi eux, des prénoms tels que Nicolas et Sophie perdent en popularité, représentant 18 % des naissances en 1946 contre seulement 6 % en 2025.
Enfin, la diversité des prénoms s’accompagne d’une augmentation des prénoms très rares, avec 607 000 prénoms recensés parmi les personnes nées en France entre 1946 et 2025 qui n’ont été donnés qu’une seule fois. Cette diversité est accentuée par les variations orthographiques, comme le montre le prénom Aaron qui peut s’écrire de 18 manières différentes.
Source : Insee
