Les ossements d’Amérindiens bientôt rapatriés en Guyane
Plus de 130 ans après leur mort dans des conditions indignes, les ossements d’Amérindiens de Guyane vont bientôt être rapatriés sur leurs terres natales. En 1892, une trentaine d’hommes, femmes et enfants issus des peuples Kali’nas et Arawaks avaient été amenés à Paris pour être exhibés lors d’expositions coloniales, dont six n’avaient pas survécu à l’hiver.
Leurs dépouilles, initialement enterrées puis exhumées pour des études scientifiques, sont conservées depuis au Muséum national d’histoire naturelle. Ce lundi 15 juin, l’Assemblée nationale doit adopter définitivement une proposition de loi, déjà votée par le Sénat, qui prévoit de sortir ces ossements des collections publiques, normalement inaliénables, permettant ainsi leur restitution à la communauté d’origine. Cette décision constitue l’aboutissement d’un long combat mené par leurs descendants.
Martin Friess, conservateur du Musée de l’Homme à Paris, a précisé que les restes humains sont conservés dans de grandes boîtes, nécessitant un climat contrôlé pour leur préservation. Sur une étagère de la réserve, six grandes boîtes grises contiennent les restes des six individus qui seront probablement restitués à la Guyane française. Ces personnes avaient été amenées en France pour l’Exposition universelle de 1892, où elles ont été exposées dans le Jardin d’acclimatation, également connu comme un zoo humain.
Une fois la loi définitivement votée, ces boîtes pourront sortir de la réserve du musée. Pour leurs descendants, cette législation marque 2026 comme une année historique. Corinne Toka-Devilliers, présidente de l’association Moliko Alet+po, a souligné l’importance de cette année, qui coïncide avec la loi Taubira et d’autres reconnaissances du passé colonial.
Le retour des ossements se fera en trois étapes, débutant par une cérémonie officielle à l’Élysée, suivie d’une cérémonie à l’aéroport Félix Éboué à Cayenne, et se concluant par une veillée selon les traditions Kali’na et Arawak. Une fois en Guyane, les ossements seront officiellement retirés de la collection publique, après avoir passé 134 ans dans les sous-sols du Musée de l’Homme à Paris.
Source : RFI
