Au Mali, les familles de soldats vivent dans l’angoisse
Au Mali, les récentes attaques contre les positions militaires ont causé des pertes humaines tragiques. À Dioura, dans le centre du pays, la dernière attaque, survenue le 10 septembre, a coûté la vie à plus de 50 militaires maliens. Ces événements laissent derrière eux des familles endeuillées et des soldats profondément marqués par les combats.
Derrière ces chiffres se cachent des femmes, des enfants et des proches de militaires tués, blessés ou portés disparus. Selon des sources sécuritaires et locales, plusieurs dizaines de soldats maliens auraient également été faits prisonniers. L’armée a, de son côté, affirmé avoir lancé des opérations contre les assaillants.
Pour les survivants, l’épreuve ne s’arrête pas avec la fin des combats. De nombreux soldats doivent reprendre leur service malgré le traumatisme, alors que les soutiens psychologiques sont quasiment inexistants.
Manque de prise en charge
Un militaire présent à Dioura lors de l’attaque a exprimé son désespoir dans un enregistrement partagé sur les réseaux sociaux : « Ça ne va pas ici à Dioura, ça ne va pas du tout. Nous n’avons aucun moyen. Nous n’avons nulle part où aller. » Un élu local a également confirmé que l’armée n’avait pas envoyé de renforts sur place.
Les familles vivent dans une angoisse permanente face à la menace de nouvelles attaques. Un lanceur d’alerte, qui couvre le conflit malien depuis 2013, a décrit l’inquiétude qui s’empare des proches à chaque incident. « À chaque fois qu’une attaque est signalée dans une zone où un père, un mari ou un fils est déployé, les familles vivent des heures d’angoisse », a-t-il déclaré.
Deux structures chargées d’accompagner les militaires
Au Mali, deux structures sont chargées d’accompagner les militaires et leurs proches : la Direction du service social des armées et l’Office national des pupilles du Mali (Onapuma). Leur rôle est crucial dans un contexte de multiplication des attaques. Cependant, les moyens à leur disposition restent limités.
L’attaque de Dioura, revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, est l’une des plus meurtrières subies par l’armée malienne depuis le début du conflit, qui dure depuis près de quinze ans. Depuis fin avril 2026, la situation sécuritaire s’est encore dégradée, avec une série d’attaques coordonnées visant les positions de l’armée et des autorités de transition.
Source : AFP

