Ce que votre enfant aimerait entendre quand il a peur de vous décevoir
Il arrive souvent qu’un enfant rentre à la maison avec une mauvaise note, scrutant le visage de ses parents avant de leur montrer sa copie. Ce moment est souvent accompagné d’excuses et d’un « Tu vas être déçu ». Pour de nombreux enfants, les résultats scolaires sont intimement liés à l’approbation parentale. Selon le psychologue Thomas Fournier, cette peur de décevoir mérite une attention particulière, car l’école joue un rôle central dans la relation parent-enfant. Il souligne que « la réussite scolaire est souvent perçue par les enfants comme un élément majeur de l’approbation parentale ».
Dans l’esprit d’un enfant, les raccourcis peuvent être rapides. Si un enfant constate que ses bonnes notes rendent ses parents fiers, il peut développer un raisonnement inquiétant : « s’ils sont fiers de moi quand je réussis, peut-être qu’ils m’aiment davantage lorsque je réussis ».
Quand la fierté parentale finit par se confondre avec l’amour
Cette association entre réussite scolaire et amour parental est une préoccupation que Thomas Fournier invite à surveiller. L’enfant peut en venir à penser : « Si je réussis, mes parents sont fiers de moi », puis associer cette fierté à l’affection. Cela peut aboutir à une conclusion plus radicale : « Ils ne m’aiment que s’ils sont fiers de moi, que si j’ai de bonnes notes. » Ce n’est pas nécessairement le point de vue des parents.
Pour éviter cette confusion, le psychologue conseille de bien distinguer l’amour inconditionnel de l’évaluation des efforts scolaires. Les mots utilisés lors de la réussite sont cruciaux. Certaines phrases, bien que positives, peuvent perpétuer cette association. Thomas Fournier recommande d’éviter des formulations comme « Tu me fais plaisir quand tu as une bonne note » ou « Je suis fier de toi quand tu as la meilleure note de la classe ». Une telle association peut devenir douloureuse lorsque les résultats baissent.
« Ce qui est important pour moi, c’est que tu essaies »
Pour un enfant qui craint de décevoir ses parents, il est essentiel de recentrer l’attention sur les efforts plutôt que sur les résultats. Thomas Fournier suggère de dire : « Ce qui est important pour moi, c’est que tu essaies, que tu t’accroches quand c’est difficile, que tu persévères malgré les difficultés. » Les encouragements devraient être précis, mettant en avant l’effort, la tentative et la persévérance.
Concernant la fierté, il est préférable d’inviter l’enfant à reconnaître ses propres réussites : « Tu peux être fier de ta persévérance », « Tu peux être fier de ton courage », ou encore de sa créativité. Cela change la dynamique, car la réussite devient une conséquence d’un processus d’apprentissage, et non un moyen d’obtenir la validation parentale.
Un soupir ou un regard peuvent parfois suffire
Les mots ne sont pas les seuls éléments à considérer. Thomas Fournier rappelle que les enfants sont très attentifs aux réactions non verbales de leurs parents. Un soupir, un regard ou une expression faciale peuvent transmettre des messages puissants. Si aucune explication ne suit, l’enfant peut interpréter ces signaux à sa manière. Il est donc crucial que les parents puissent revenir sur une réaction inattendue et l’expliquer.
Enfin, le psychologue souligne l’importance de redonner à l’école sa juste place : « L’école, c’est un domaine de la vie ». Ce domaine, bien que significatif, ne devrait pas définir toute la valeur que l’enfant s’accorde. D’autres aspects tels que la créativité, l’humour, la gentillesse, et les relations interpersonnelles sont également des domaines dans lesquels l’enfant peut développer ses compétences.
Source : Thomas Fournier, psychologue

