Procès de Rachida Dati : l’esquive ratée de Carlos Ghosn
Rachida Dati, ancienne ministre et actuelle eurodéputée, comparaît aux côtés de Carlos Ghosn, ancien PDG de Renault-Nissan, pour des accusations de corruption et de trafic d’influence. Ce procès fait suite à une perquisition au siège de Renault en 2019, qui a révélé un contrat controversé entre Dati et l’alliance Renault-Nissan, signé alors qu’elle était élue au Parlement européen.
L’accord, établi en octobre 2009, stipulait que Rachida Dati fournirait une assistance juridique pour le développement de Renault au Maghreb. Cependant, les enquêteurs n’ont trouvé aucune preuve tangible de l’activité juridique de Dati pour Renault, malgré des paiements totalisant 900 000 euros en trois versements de 300 000 euros entre 2009 et 2013. Les juges d’instruction ont relevé des actions de Dati au sein de l’Union européenne qui semblaient favoriser les intérêts de Renault, sans qu’elle ait divulgué ses liens avec l’entreprise.
La première journée d’audience a été marquée par des complications liées à la présence de Carlos Ghosn, qui s’est évadé du Japon en 2019 et vit actuellement au Liban. Le tribunal a dû traiter des questions de convocation, le Parquet national financier ayant rencontré des difficultés pour signifier à Ghosn sa comparution. Ce dernier a finalement demandé un renvoi, arguant qu’il n’avait pas été correctement convoqué et n’avait pas eu accès au dossier.
Les avocats des parties civiles, dont Me Kami Haeri représentant Renault, ont critiqué la stratégie de Ghosn, soulignant qu’il semblait manipuler le processus judiciaire. Ghosn, qui a déjà été entendu au Liban, a multiplié les recours juridiques, ce qui a conduit le PNF à douter de son ignorance concernant les accusations portées contre lui.
La défense de Rachida Dati a rejeté l’idée de jouer la montre, affirmant qu’elle souhaitait être jugée rapidement pour prouver son innocence. Dati a été accusée de ne pas avoir fourni les services juridiques contractés, son co-prévenu ayant décrit ses interventions comme relevant davantage de la « diplomatie des affaires ».
L’audience a ainsi mis en lumière des enjeux juridiques complexes et des stratégies de défense qui pourraient influencer le cours du procès.
Source : Sud Ouest.

