Publié le 16 septembre 2026 à 10h03 – Dernière mise à jour le 16 septembre 2026 à 10h03
Les PFAS, substances chimiques de synthèse également appelées « polluants éternels », posent un risque majeur pour la santé et l’environnement. Deux experts des Nations Unies ont appelé les États à agir rapidement, alors qu’aucune technologie efficace n’existe pour nettoyer les écosystèmes contaminés à grande échelle.

Les composés per- et polyfluoroalkylés, connus sous le nom de PFAS, sont utilisés depuis des décennies dans diverses industries en raison de leur résistance à l’eau, aux graisses et à la chaleur. Toutefois, leur persistance dans l’environnement est alarmante. Lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, Bethanie Carney Almroth, Rapporteure spéciale sur les substances toxiques, a souligné que ces substances peuvent rester dans l’environnement pendant des siècles. De plus, les PFAS ne se limitent pas aux zones de production, mais se propagent dans l’air et l’eau, affectant ainsi des populations éloignées des sites industriels.
Du placenta au lait maternel
L’exposition aux PFAS se produit non seulement sur le lieu de travail, mais également par le biais de l’eau, de l’alimentation et de divers produits de consommation. Les femmes enceintes et les enfants sont particulièrement vulnérables, les PFAS ayant été détectés dans le sang du cordon ombilical et dans le lait maternel. Selon Bethanie Carney Almroth, ces substances perturbent les systèmes hormonaux ainsi que les fonctions hépatique et immunitaire. Pedro Arrojo-Agudo, Rapporteur spécial sur le droit à l’eau potable, a averti que ces polluants « empoisonnent progressivement, de manière cumulative et irréversible, des centaines de millions de personnes, avec des conséquences dévastatrices pour les enfants et les nourrissons ».
Des pollutions produites ici et exportées ailleurs
Les inégalités environnementales sont également une préoccupation majeure. Les PFAS sont principalement fabriqués dans les pays industrialisés, mais leurs effets se répercutent au-delà des frontières par le biais des émissions et des déchets contaminés. Bethanie Carney Almroth a souligné que les communautés déjà confrontées à la pauvreté et à la discrimination subissent souvent les plus lourdes conséquences. Pedro Arrojo-Agudo a plaidé pour une application stricte du principe du « pollueur-payeur », en mettant en lumière les activités industrielles qui contribuent à cette pollution.
Prévenir plutôt que tenter de dépolluer
Les experts des Nations Unies ont averti qu’une fois la contamination établie, il n’existe pas de technologie efficace pour éliminer les PFAS de manière généralisée. Ils exhortent les gouvernements à privilégier la prévention et à interdire les usages non essentiels des PFAS. Bethanie Carney Almroth a déclaré que « attendre de disposer d’une certitude absolue avant d’agir peut entraîner des dommages durables », ce qui souligne l’urgence d’une action proactive.
Les PFAS représentent donc un défi environnemental et sanitaire de grande envergure. Étant donné leur capacité à persister dans l’environnement et à franchir les générations, les décisions prises aujourd’hui auront des répercussions sur les générations futures.
Anna CHAIRMANN – Source : ONU

