Ce que vous faites, c’est du chantage ! : tensions sur les transports en commun dans le Haut Var
Dès le début du conseil communautaire Provence Verdon, Cathy Venturino-Gabelle, la maire de Barjols, a donné le ton. Elle a exprimé son mécontentement face à l’absence de réponse à la question posée par son homologue de Rians, Nicolas Brémond, concernant une nouvelle caserne à Barjols. « Depuis 2020, je demande une nouvelle caserne sur ma commune, et ce qui bloque, c’est la mise à disposition du terrain au Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) par la communauté de communes. La location de la caserne coûte 27 000 euros par an sans aide des autres villages », a-t-elle souligné, tout en ajoutant : « Et je vois qu’une aide va être apportée à la caserne de Ginasservis… »
En réponse, le président de l’intercommunalité et maire de Ginasservis, Hervé Philibert, a précisé que l’enveloppe allouée à la caserne de Ginasservis était un investissement demandé par le Sdis pour construire un nouveau bâtiment, soulignant qu’il s’agissait d’une obligation.
Les tensions ont atteint leur apogée lors des questions diverses en fin de conseil. Après avoir discuté des propositions du Conseil régional pour remédier à la suppression de la ligne de transports scolaire Rians-Aix, Christophe Vercoutre, deuxième adjoint riansais, a proposé de voter la sortie de Rians du syndicat intercommunal de transports du Haut Var. Il a fait valoir que le syndicat représentait 120 000 euros de participation des communes, ajoutant que les actions transports au sein de la communauté de communes constituaient un doublon.
Yves Souques, maire d’Artigues, a suggéré de réfléchir à la suppression du syndicat pour éviter de mettre en difficulté les autres communes. « Nous payons 24 000 euros sans qu’il y ait de mobilité, et nous en avons assez », a-t-il déclaré. La maire de Barjols a soutenu cette position en mentionnant les coûts supplémentaires pour les sorties scolaires et les déplacements d’associations.
Emmanuel Hugou, maire de Saint-Julien-le-Montagnier, a exprimé ses inquiétudes sur les conséquences d’un désengagement des grandes communes : « Ce que vous faites, c’est du chantage ! » En réponse, Yves Souques a insisté sur le fait que l’agglomération allait recruter un chargé de mission mobilités, et a conditionné son accord à ce que cela ne coûte pas davantage à sa commune.
Cathy Venturino-Gabelle a réagi en plaidant pour que la communauté de communes crée une véritable offre de mobilité sur le territoire, comme cela a été fait pour les ordures ménagères. Elle a souligné que cela nécessiterait seulement une réorganisation, potentiellement bénéfique pour les villages.
Hervé Philibert a cependant mis en garde contre les conséquences d’une dissolution du syndicat, affirmant que ce seraient les communes membres qui en paieraient le prix et a reconnu un dysfonctionnement de ce syndicat, qui n’a pas évolué depuis cinquante ans. Il a proposé de travailler avec le chargé de missions mobilités pour envisager soit la fin du syndicat, soit son intégration dans l’offre de mobilités de l’intercommunalité.
Affaire à suivre.
Source : Nice Matin

