Les femmes représentent 57% des emplois menacés par l’IA, selon le Forum économique mondial.

Elles sont plus souvent assistantes, secrétaires ou gestionnaires de dossiers: les femmes occupent 57% des emplois menacés par l’IA, s'inquiète le Forum économique mondial

Les femmes, majoritaires dans les emplois menacés par l’IA, représentent seulement 19,3% des ingénieurs spécialisés

Les femmes occupent 57% des emplois susceptibles d’être fortement impactés par l’intelligence artificielle (IA) générative, selon un rapport publié par le Forum économique mondial. En revanche, elles ne représentent que 19,3% des ingénieurs spécialisés dans ce domaine.

Cette situation soulève des inquiétudes quant à l’aggravation des inégalités entre les sexes sur le marché du travail. Les professions les plus exposées aux changements induits par l’IA incluent des postes tels que ceux d’assistante, de secrétaire, de comptable ou de chargée de clientèle. Dans ces métiers, de nombreuses tâches, comme la rédaction de courriers ou la saisie de données, peuvent désormais être réalisées par des outils d’IA.

L’Organisation internationale du travail (OIT) a également constaté que, dans les pays à hauts revenus, 9,6% des emplois occupés par des femmes présentent un fort potentiel d’automatisation par l’IA générative, contre seulement 3,5% pour les hommes. La plupart de ces emplois devraient être transformés plutôt que totalement supprimés.

Les femmes sous-représentées dans les métiers de l’IA

Les femmes sont en effet sous-représentées dans les métiers liés à l’IA, avec seulement 19,3% d’entre elles travaillant comme ingénieurs spécialisés. Elles se trouvent souvent dans des rôles moins qualifiés, comme l’annotation de données, qui sont généralement moins bien rémunérés.

Par ailleurs, au sein des entreprises spécialisées dans l’IA, les femmes constituent 36,6% des employés sans fonction managériale, un chiffre inférieur à celui observé dans d’autres secteurs. De plus, elles représentent entre 25,3% et 27,7% des cadres dirigeants et seulement 13% des membres des comités exécutifs.

En 2025, elles n’ont constitué qu’un quart des recrutements dans les métiers de l’IA, alors qu’elles représentent environ la moitié des embauches dans d’autres professions. Ce déséquilibre pourrait les rendre plus vulnérables aux suppressions ou aux transformations de postes causées par l’IA.

Un retard dans l’éducation et la formation

Cette sous-représentation est en partie due à un faible nombre de femmes dans les filières scientifiques et technologiques, où elles constituent moins d’un tiers des professionnels. Bien que des signes d’amélioration soient observés, la progression des hommes demeure plus rapide.

Le rapport du Forum économique mondial souligne que, pour atteindre l’égalité complète entre les sexes, il faudrait encore 120 ans au rythme actuel. Le retard est particulièrement marqué dans le domaine économique, où seulement 61,7% de l’écart en matière de participation et d’opportunités a été résorbé.

Le risque est donc celui d’un effet de ciseaux, où l’IA pourrait fragiliser les emplois féminins existants tout en laissant les nouvelles opportunités, souvent mieux rémunérées, principalement aux hommes.

Source : Forum économique mondial.

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