Affaire Renault-Nissan : le procès de Rachida Dati s’ouvre à Paris
Le procès de Rachida Dati a débuté ce mercredi au tribunal correctionnel de Paris, en l’absence de son coaccusé, l’ex-PDG de Renault Carlos Ghosn. Tous deux sont jugés pour des soupçons de corruption et de trafic d’influence concernant des fonds perçus par le constructeur automobile alors que Dati était eurodéputée.
Rachida Dati est accusée d’avoir reçu 900.000 euros pour soutenir les intérêts de Renault au Parlement européen. Elle comparaît depuis le 16 septembre 2023, contestant les accusations de corruption et de lobbying illégal exercé pour Renault-Nissan entre octobre 2009 et février 2013. L’ancienne ministre de la Justice, qui a occupé des postes sous les présidences de Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron, nie fermement ces allégations, affirmant qu’elle a exercé ses fonctions d’avocate de manière légale.
Les avocats de Dati, Olivier Pardo, Olivier Baratelli et Antoine Beauquier, soutiennent que leur cliente a uniquement travaillé pour RNBV, la société néerlandaise gérant l’alliance Renault-Nissan. Ils qualifient les accusations de trafic d’influence de « construction intellectuelle artificielle ».
Bien que son influence politique ait diminué après sa défaite aux élections municipales à Paris, Dati fait face à des enjeux importants, notamment la possibilité de cinq ans d’inéligibilité. Le parquet national financier estime que le contrat d’honoraires signé entre Dati et Ghosn en 2009, stipulant une rémunération annuelle de 300.000 euros hors taxes, a servi à masquer un travail de lobbying, ce qui contrevient à son statut d’eurodéputée.
L’affaire a émergé en 2019 lors d’une perquisition au siège de Renault, suite à l’arrestation de Ghosn au Japon. Actuellement en fuite au Liban, Ghosn ne devrait pas se présenter au procès, mais a exprimé son souhait de comparaître par visioconférence.
Dati encourt jusqu’à dix ans de prison pour corruption passive et 450.000 euros d’amende pour recel. Avant le procès, elle a demandé sa réintégration dans la magistrature, où elle n’a pas exercé depuis plus de vingt ans. Le Conseil supérieur de la magistrature examinera cette demande après la tenue du procès.
Source : AFP.

