Un risque grave et caractérisé sur la santé physique et mentale : la justice suspend un projet de suppressions de postes liées à l’IA dans les médias du groupe Gisi
Un projet de suppression de huit postes au sein du groupe de presse professionnelle Gisi, qui inclut des titres tels que L’Usine nouvelle et LSA, a été suspendu en référé par le tribunal judiciaire de Créteil. Ce projet prévoyait le remplacement partiel des postes par des outils d’intelligence artificielle (IA).
La justice a déterminé que, sans une « mise en situation réelle » préalable, le déploiement de ce plan présentait « un risque grave et caractérisé sur la santé physique et mentale de plusieurs catégories de salariés ». Par conséquent, le tribunal a suspendu le plan jusqu’à ce que des tests complets soient réalisés. La direction de Gisi a indiqué qu’elle se réservait la possibilité de faire appel.
Isabelle André, présidente de Gisi et directrice exécutive d’Infopro Digital, a déclaré : « Nous allons poursuivre les tests et faire des numéros complets. » Infopro Digital comprend également le Groupe Moniteur, où le déploiement d’outils d’IA est également prévu, mais à un stade moins avancé.
Mouvement de grève
Au printemps, environ 250 journalistes des 26 titres du groupe avaient lancé une grève pour s’opposer à la suppression de 19 postes de secrétaires de rédaction en raison de ce déploiement. Les secrétaires de rédaction sont responsables de la vérification et de l’amélioration du contenu des articles avant leur publication.
Actuellement, huit postes de secrétaires de rédaction sont menacés au sein de Gisi. Les missions de ces postes, qui ne peuvent pas être assurées par l’IA, devraient être transférées à deux nouveaux postes de chefs d’édition. La société estime que 70 % des tâches des secrétaires de rédaction peuvent être réalisées par l’IA. Isabelle André a précisé que « les parties coordination et relecture globale doivent rester entre les mains de chefs d’édition ». Des reclassements ont été proposés à tous les secrétaires de rédaction.
Infopro Digital est contrôlé par le fonds d’investissement anglo-saxon TowerBrook.
Source : BFM TV

